Visite d’une maman de volontaire au Point-Cœur de sa fille

Categories: Roumanie

Hermine est en mission au Point-Cœur de Deva en Roumanie depuis déjà un an. Sa maman est venue lui rendre visite, elle témoigne de ce qu’elle a découvert pendant son séjour :

Chez Tanti Doina

Un an s’était écoulé, depuis le départ d’Hermine en Roumanie, où nous nous étions quittées sur le quai de la gare d’Angers, un matin d’octobre ! Vous imaginez un peu avec quelle impatience j’attendais ce moment de nos retrouvailles à l’aéroport de Cluj. Et, ceux qui me connaissent, savent que chez moi les larmes accompagnent toujours les grandes émotions ! 

Nous avons été touchés par l’accueil de ces familles qui nous ont reçus comme des rois, nous prodiguant milles attentions. Nos partages furent riches et profonds, soutenus par une même foi et animés de ce même désir de grandir dans l’Amour. Touchés aussi de sentir le soin tout particulier que chacune d’entre elles prenait d’Hermine, de ce regard protecteur posé sur elle, de ce souci de veiller sur elle : de quoi rassurer le cœur d’une maman qui se sent parfois si loin. Malgré la barrière de la langue, un lien fort s’est tissé. En écrivant, je revois tous ces visages : Attila et Moni, Jean et Marie, Tanti Irina, Réka et Janos, Domnul Petru. Les Roumains sont très « câlins » et le statut de « Mama lui Hermina » donnait toujours lieu à de grandes effusions à mon égard. Je crois pouvoir dire que nous avons découvert des amis de Points-Cœur et que nous avons quitté des frères. Ce séjour à Deva nous a permis de partager la mission d’Hermine. La véritable plongée se fit lors des visites dans les quartiers tsiganes. En arrivant dans ces quartiers à l’écart de la ville, je fus d’abord saisie par l’odeur nauséabonde, les déchets et la saleté. Et ce lieu était le lieu de vie de familles ! A notre arrivée, tous les enfants accouraient vers les filles se jetant dans leurs bras. Tandis que, dans mon cœur, je sentais ce désir profond d’aller à la rencontre de toutes ces personnes, je sentais tout mon être paralysé, comme empêché d’aller simplement vers elles. Cette tension intérieure me mettait face à mes pauvretés et mes limites : c’est tellement facile d’aimer les démunis à distance ! J’entendais cette petite voix au fond de moi : « Allez Cécile plonge, lâche ! » J’ai alors réalisé qu’il me fallait lâcher, lâcher mes peurs, mon désir de paraître, et me présenter à elles comme j’étais, être là tout simplement, moi-même Cécile… 

Hermine

Et j’ai plongé ! Et j’ai bu ce café froid fait avec une eau douteuse servi par Doina qui nous offrait tout : sa maison, le cadre décroché à la hâte pour m’en faire cadeau, sa famille cabossée, son lit pour s’asseoir. Et j’ai joué avec les enfants me roulant par terre, faisant semblant d’être morte après avoir été menacée et fusillée… avec des bouts de bois, véritables armes de guerre dans les petites mains de ces enfants aux grands yeux noirs. Et j’ai fait l’avion à ces enfants en les tenant par les bras jusqu’à en avoir le tournis. Et, bien sûr, les inévitables câlins au moment de nous séparer ! Je suis repartie remplie d’une vraie joie, non pas la joie du dépassement, mais celle que m’avaient donnée toutes ces personnes, car nous avons été témoins de la joie qui les habitait au milieu de toute cette pauvreté ! 

Aujourd’hui je rends grâce d’avoir pu découvrir ce pays, le lieu de vie d’Hermine, ses sœurs de Points-Cœur : Philippine, Mollie et Anna, d’avoir expérimenté un peu de leur quotidien. Tout ceci me porte encore. Je te rends grâce, Seigneur, pour la fécondité de leur mission, et pour ta présence auprès de toutes ces familles à travers elles !

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Author: admin