Visite d’un asile à Athènes

Categories: Grèce

Une fois par semaine, les volontaires du Point-Cœur d’Athènes visite les résidents de l’asile de leur quartier. Anaïs raconte :

Chaque vendredi matin, nous franchissons la porte de « l’asile » de notre quartier. Plus de deux cents personnes y vivent, atteintes d’un handicap physique ou mental. D’autres personnes sont alitées, en fin de vie.  Ce lieu est empli de souffrances, nous le découvrons bien vite. Certains sont dans leur lit depuis des années, avec très peu de visites. Ce qui peut nous prendre plus de temps, c’est de découvrir la joie et la beauté des résidents. Une beauté parfois défigurée mais belle et bien réelle.

Stavros nous demande toujours de nous rendre dans l’église voisine pour prier un moment ensemble : ça le remplit de joie, et tout le monde le salue dans la rue !

Georgia, souvent clouée au lit, attend notre visite avec impatience. Parfois, elle s’excuse : « Regardez, les autres dorment, je ne peux pas vous recevoir aujourd’hui ».

Il y a aussi Frosso, sourde et muette, qui en nous voyant ne peut retenir un cri de joie. Elle pose sa main sur nos cœurs pour entendre les battements, c’est son moyen de communication.

Yorgos, coincé dans un fauteuil roulant depuis un accident de moto il y a quatre ans, nous attend toujours avec sa radio et ses airs traditionnels grecs. Petit à petit, nous sommes devenus une famille pour lui, il était si heureux de tous nous inviter pour son anniversaire.

Sofia, qui pendant une année semblait sans réaction, aime à nous parler maintenant.

Et puis il y a Michalis, qui est toujours stationné à l’entrée. Son corps est complètement déformé, je ne comprends toujours pas comment il peut tenir assis sur son fauteuil. Il s’exclame toujours, pousse des cris de joie, son seul moyen d’expression. Et il y a ses yeux, d’un bleu profond, un regard très perçant qui le rend profondément beau.

Et tant d’autres que nous ne cessons de découvrir au fil de nos visites. Qu’il est difficile d’entrer dans ce lieu, d’aller à la rencontre de ces personnes si souffrantes. Et pourtant, à chaque fois que nous en ressortons, une douce joie nous habite. La béatitude des plus pauvres !

Anaïs G.

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Author: admin