Vacances pour les enfants du Point-Cœur de Grèce

Categories: Grèce

Cet été, le Point-Cœur d’Athènes a organisé une semaine de vacances pour une dizaine d’enfants à Lavrio…

Vive les vacances : Klaudia, Davidou, Santhosh, Biordi, Oresti, Klaudia, Adèle, Roki et Victorine. Nikoleta, Tomas, Athina, Ana-Maria, Patricia et Agnieska.

Depuis plusieurs mois, nous souhaitions organiser des vacances pour nos enfants. L’organisation matérielle de la semaine fut assez incroyable, et, comme toujours, nous avons été témoins de la générosité de beaucoup d’amis. Avec nous, il y avait Victorine et ses deux enfants, David, quatre ans et demi, et  Patricia, deux ans. David est handicapé, il est trisomique et est extrêmement actif et énergique. « Garder un œil » sur lui ne suffit pas, une présence constante est nécessaire. Il a une joie de vivre incroyable qu’il tient de sa maman, et qui est communicative ! Bien sûr, cette semaine fut une occasion  pour eux trois de profiter d’un temps de vacances, après plusieurs années sans pouvoir quitter leur  foyer. Mais, au-­delà de ce qu’ils ont pu recevoir, c’est ce qu’ils ont pu donner qui m’a le plus touchée.  Le premier jour, tous les enfants étaient peureux et distants avec David, parfois gênés. Et, peu à peu, il  s’est frayé une place dans leur cœur : les plus grands ont pris notre relai et ont commencé à s’occuper  de lui. Biordi, quatorze ans, s’est comporté comme un grand frère à son égard et l’a comblé d’attentions. A tel point qu’à la fin des vacances, il nous a confié que c’est la présence de « Davidou » qu’il a  préféré durant ce temps.  Quelques jours avant cette semaine  au bord de la mer, les Sœurs de Mère  Teresa nous ont demandé de prendre  avec nous Tomas, six ans, et Nicoleta,  neuf ans, dont la maman était depuis  un mois à l’hôpital. Les Sœurs nous  ont avertis que la maman allait probablement mourir durant la semaine,  mais que celle-­ci avait demandé à ce  que nous prenions soin des enfants,  pour leur offrir de la joie, loin des  souffrances causées par la maladie.  Nous savions, alors, qu’il allait falloir  redoubler de délicatesse, pour les  préparer à cette terrible douleur. Le  samedi soir, leur tante nous a prévenus que c’était la fin, et nous nous  sommes relayés, en prière, pour accompagner toute la famille dans cette rude épreuve. Nous avons  attendu toute la journée du dimanche la mauvaise nouvelle. Les enfants ne savaient rien de tout cela,  leur père ne voulait pas briser la joie de leurs vacances. Mais, pour nous, il était très important de pouvoir les préparer au décès de leur maman. Alors, nous avons demandé au Père Alekos, notre grand ami  de toujours, de prendre un moment avec eux dans la chapelle. Avec des mots très simples, il leur a expliqué que leur maman était gravement malade, et qu’elle ne serait peut-­‐être pas là à leur retour…  En haut, de gauche à droite : Klaudia, Davidou, Santhosh, Biordi, Oresti,  Klaudia, Adèle, Roki et Victorine. En bas : Nikoleta, Tomas, Athina, Ana-­Maria, Patricia et Agnieska.
Nous avons prié ensemble la Vierge Marie pour qu’elle les console, et qu’elle nous aide aussi à trouver  la juste attitude à leur égard. Le lendemain matin, avec tous les enfants, nous avons prié le chapelet  pour la maman de Tomas et Nicoletta. Et nous avons reçu la nouvelle, une heure après, qu’elle s’en  était allée rejoindre le Père, au moment où nous offrions le chapelet pour elle. Nous avons gardé pour  nous cette triste nouvelle, et les avons accompagnés, le lendemain-­matin, pour rejoindre leur famille  et l’Albanie pour la cérémonie funéraire.  Nous étions si démunis devant ce drame, devant ces enfants si beaux qui nous avaient été confiés,  au moment le plus difficile de leur vie… et, encore une fois, les plus petits nous ont montré la voie : après leur départ, nous avons annoncé à tous les enfants que la maman de Nicoletta et Tomas était  décédée. Un grand silence s’est fait et nous avons prié le chapelet pour eux. Puis Klaudia, devenue  amie de Nicoletta, est venue me voir pour me poser plusieurs questions sur la mort. Et après un long  silence, elle s’est écriée : « Je donnerai tout pour rejoindre Nicole maintenant ! Elle a trop besoin de  notre présence ! » Je lui ai alors expliqué que, dans la prière, elle pouvait manifester sa présence et son  amitié, et soutenir son amie. Le soir, juste avant de se coucher, Biordi et Oresti ont demandé à Santosh de prier ensemble une dizaine de chapelet pour Tomas. Je crois que c’est un grand privilège de pouvoir susciter et voir s’éveiller, dans le cœur de ces enfants, la compassion, une douleur d’abord, qui laisse ensuite la place à la paix du cœur.

Anaïs G., en mission en Grèce

 Facebooktwittergoogle_pluspinterestlinkedin

Author: Claire Lefranc