Un foot dominical à Montevideo

Categories: Uruguay

Bernardo, volontaire bolivien, et Alexis, volontaire péruvien, terminent tous les deux leur mission au Point-Cœur Saint-François de Montevideo en Uruguay. Ils laissent en héritage au Point-Cœur une équipe de foot qui s’entraine maintenant tous les dimanches à 15h… Bernardo raconte comment est né cette équipe de quartier : 

« À trois heures exactement, n’oubliez pas ! » A trois heures on se changeait, on remplissait nos bouteilles d’eau, on sortait et il n’y avait personne. Alors on devait aller chercher les enfants pour jouer. C’était bizarre : pourquoi se font-ils prier pour faire quelque chose qu’ils aiment ? Il y a des jours où nous luttons pour qu’ils ne jouent pas dans la cour de la maison. Et aujourd’hui alors que nous voulons jouer avec eux, ils ne viennent pas.

Et nous allions de maison en maison, mendiant qu’ils daignent jouer au moins une demi-heure. Jusqu’à ce qu’enfin, on monte à la place pour jouer au foot. Cela valait toujours la peine, même s’il y avait parfois des altercations, des désaccords et qu’ils râlaient de devoir rentrer trop tôt à la maison (alors que nous avions déjà jouer deux heures).

Et ainsi, dimanche après dimanche, à la même heure, les garçons commencèrent à nous attendre à la porte de la maison. Ensuite, ils venaient avec une demi-heure d’avance. Puis la demi-heure est devenue une heure et il y a peu, il était 13h48 que déjà ils nous appelaient. En quelques mois, ce n’était plus nous qui devions aller les chercher de maison en maison mais eux qui nous venaient nous chercher pour nous faire partir plus vite.

Le lien que nous avons créé avec les garçons du foot nous a permit d’entrer dans leur maison, ce qui fut pour nous un grand privilège. Connaître les familles nous a fait palper différentes réalités complexes qui marquent le quotidien des garçons. Nous avons recueilli les histoires et les drames de leurs familles comme un trésor qu’ils nous confiaient. C’est dans des moments comme ceux-là que nous pouvons nous exclamer comme Pierre : « Qu’il est bon d’être là ! ». Et maintenant que nous connaissions la maison de nos voisins footballeurs, il nous a semblé important que leurs familles sachent que la porte de notre maison était ouverte pour elles aussi. Avec certains nous avons partagé un mate et des petits gâteaux, avec d’autres un repas ou un après-midi à jouer aux cartes. Ce sont des détails qui pourraient sembler insignifiants mais qui sont pour nous un grand pas. Qui aurait pu imaginer qu’à partir d’un simple football dominical nous en arriverions là ? Et comment ne pas rêver de plus…

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Author: admin