Le cœur immense des mamans bahianaises

Lucie est en mission à la Fazenda do Natal près de Salvador da Bahia. Auprès des mamans qu’elle rencontre, avec qui elle vit, elle découvre le cœur de ces mamans, un cœur qui accueille et qui se rend disponible.

Paloma, accueillie à la Fazenda, découvre les poupées

J’aime beaucoup regarder les mamans brésiliennes et leur comportement vis-­à-­vis de leurs enfants. Elles ne les lâchent jamais ! Une auxiliaire de puériculture française, en visite ici, me disait que cela explique pourquoi les petits Bahianais grandissent plus vite que nos petits Français. Ils ont toujours un contact physique avec leurs mamans, ils sont stimulés passant de bras en bras. Ils reçoivent beaucoup de tendresse. Personne n’aurait l’idée, ici, de laisser les bébés dans une poussette. Dans les villages aux alentours, il n’y en a pas ou très peu. Les mamans font vraiment tout avec leurs enfants dans les bras.

En vous écrivant au sujet de la maternité, cela me fait penser à Uba. Cette femme a habité à la Fazenda durant onze ans. Elle a eu une fille, Bel, alors qu’elle était âgée de seulement quatorze ans. Elle a donc été accueillie avec sa fille à la Fazenda. Quelques temps plus tard, une amie du village de Passagem lui a demandé si elle accepterait d’accueillir sa fille dans sa maison. En effet, cette femme, consciente de ses limites, voulait confier son enfant à une femme de confiance. Elle venait tout juste de perdre un autre enfant. Uba a accepté et a commencé à prendre soin de Bia. Bia, âgée de quelques mois est arrivée très malade. Tous se souviennent encore des pleurs de Bia ! Uba raconte qu’en regardant Bia dans les yeux, elle a senti qu’elle lui demandait de l’aide, de la sauver. Petit à petit, Bia a gandi avec Uba. Quelques années plus tard est arrivé le moment, pour Uba, de quitter la Fazenda avec sa fille Bel. Uba est restée très ferme et a exigé de pouvoir emmener Bia avec elle. La maman de Bia ne s´y opposant pas, ainsi fût fait. Aujourd’hui, Bia a onze ans et vit toujours avec Uba. Ainsi on emploie une expression qui se traduit par « une maman qui t’éduque ». C’est cela qu’est Uba pour Bia. Aujourd’hui, Uba accueille aussi sa nièce qui est âgée de dix-­huit ans, avec son enfant de huit mois. Cette grossesse était complètement inattendue. Après l’accouchement, Ninha, la maman, avait visiblement des difficultés pour prendre soin de son enfant. Uba explique qu’elle n’avait pas l’instinct maternel. Lors d’une visite, je me souviens que je suis restée surprise devant l’attitude de cette maman qui, je pense, n’acceptait pas du tout son enfant. Elle ne le prenait pas dans ses bras lorsqu’il pleurait. Elle ne semblait pas être heureuse. Elle refusait de l’allaiter. L’enfant pleurait beaucoup. Uba a donc accueilli sa nièce et son enfant au sein de sa propre maison et, petit à petit, Ninha est devenue maman. Je suis allée leur rendre visite la semaine dernière, Ninha s’occupe de son enfant. Celui-­ci a arrêté de pleurer durant des heures entières la nuit. Autre détail, cet enfant s’appelle Emanuel, « Dieu avec nous »… J’aime beaucoup la simplicité d’Uba, qui illustre parfaitement la simplicité de ce peuple bahianais. Il n’y a pas de calcul, pas de plan pour les années à venir. Elle accueille simplement les évènements de la vie. Elle vit le moment présent : aujourd’hui, je peux accueillir Bia, aujourd’hui, je peux accueillir ma nièce. J’aime beaucoup la disponibilité de ce peuple à l’image d’Uba. Elle est toujours ravie de recevoir, d’ouvrir sa porte à l’improviste. J’aime cet accueil chaleureux, presque maternel. Ce peuple religieux utilise aussi toujours cette expression « si Dieu le veut », lorsqu’on essaie d’organiser une rencontre. Ici, c’est impossible d’organiser une sortie, un événement trois mois à l’avance, tellement d’imprévus peuvent survenir ! Ici, on s’organise pour aujourd’hui, pour demain et le futur est laissé à Dieu. Il n’y a pas de « oui » ou de « non », mais « si Dieu le veut ». Tout s’organise à la dernière minute. Je pense que Dieu doit se reposer dans ses cœurs bahianais, qui ne sont jamais complètement fermés mais disponibles à L’accueillir. Il y a ce qui est prévu puis, les événements du jour, la réalité qu’ils ont une grande facilité à accueillir. N’allez pas croire que cette femme roule sur l’or. Elle se lève tous les jours de la semaine à trois heures du matin pour aller tuer des poulets et les vendre au marché. Elle récupère aussi des vêtements d’occasion pour les revendre. Quel bel exemple de sainteté cachée pour ce temps de carême.

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Lucie D. En mission au Brésil

Anita, maladie, petitesse et émerveillement

Diego et Anita à la Fazenda do Natal

Accueillie depuis plus de vingt ans à la Fazenda do Natal, Anita se donne, dans sa maladie, dans sa pauvreté et ses crises, dans son amour des plus petits.

Aujourd’hui, j’aimerais vous écrire plus longuement au sujet d’Anita. Âgée de cinquante-­six ans, elle a beaucoup vieilli au cours de mon absence. Depuis au moins vingt-­cinq ans, cette femme souffre de schizophrénie. La semaine dernière, le psychiatre nous a orientés vers un neurologue. En effet, en parallèle de cette maladie, il semble qu’une démence sénile s’installe. Nous devons attendre les semaines à venir pour avoir un diagnostic. Chaque personne est unique. Avec Anita cela se vérifie davantage. Elle reste pour moi un mystère. Elle est complètement hors cadre. Cette femme croate, artiste peintre, s’est mariée, n’a jamais eu d’enfant, est venue vivre au Brésil. Elle a énormément voyagé. Elle parle plusieurs langues. Elle a été modèle dans le domaine de la mode. Puis, tout à coup, s’est déclenché cette maladie, la schizophrénie. Il semblerait que son mari aussi ait développé une maladie mentale. La famille de celui-­‐ci l’a recueillie et les Sœurs de la Charité ont recueilli Anita. Elles l’ont accompagnée à la Fazenda, il y a plus de vingt-­trois ans. Anita a fait un séjour d’un mois dans sa famille, il y a quelques années. Cependant, elle a souhaité rentrer vivre à la Fazenda. Aujourd’hui, elle n’a plus de contact avec sa famille. Sa maladie se serait déclenchée au moment de la guerre en Yougoslavie. Il lui arrive de parler de la guerre, de sa maman. Elle est parfois perturbée, agitée. Elle semble parfois parler en croate. Elle a des hallucinations. A la schizophrénie s’ajoute la démence. Il est difficile de savoir ce qu’elle vit intérieurement. Il me semble que je perçois seulement la partie visible de l’iceberg de souffrances que provoquent ces maladies. Cependant, malgré, ou plutôt grâce à ces souffrances, Anita est un modèle de sainteté. Elle est humble. Elle accepte l’aide que nous lui proposons. Elle accepte de se faire aider pour tous les gestes de la vie quotidienne qu’elle oublie certains jours : se laver, s’habiller… Elle accepte de manger avec nous, de manger la nourriture que nous préparons. Il y a deux ans, elle prenait tous ses repas seule. Elle me touche aussi par sa facilité à entrer dans la volonté d’un autre, par sa confiance. A ma grande surprise, maintenant, elle accepte assez facilement de sortir de la Fazenda pour aller chez le médecin par exemple. Elle se laisse faire même si cela est source d’angoisse pour elle. Ainsi, lors de la dernière consultation chez le médecin, dans une salle d’attente remplie, elle a commencé à s’impatienter et à être agressive (ce qui nous a permis d’être reçues plus tôt !) Après cela, dans la voiture, elle s’est excusée à plusieurs reprises. Elle continue à vouloir aider en balayant par exemple, en voulant laver son assiette. C’est aussi un modèle de compassion. Elle est toujours sensible aux plus souffrants. Elle se préoccupe toujours pour Diego. Elle reste des heures assise à côté de lui. Anita me met toujours en présence d’un plus grand que nous. Elle s’émerveille des nombreux arcs-­en-ciel, des oiseaux, des poules, des crapauds… Elle est ravie de voir des enfants à la Fazenda. La fécondité d’Anita me surprend aussi. Elle est au cœur de notre maison. Elle semble aussi éduquer le cœur de Weverton. Cet adolescent de la rue est attentif à Anita. Elle le provoque et l’oblige à se décentrer de lui-même. C’est émouvant de voir Weverton devenir plus doux au fil des semaines, de le voir offrir à Anita un geladinho qu’il a fait, de le voir lui offrir un verre de jus de fruit… Ainsi, si je lui explique que je dois aller aider Anita à se laver, à l’heure à laquelle il prend son petit-déjeuner, il pense tout seul à laver sa tasse, sa cuillère… Il semble comprendre que je ne puisse pas m’asseoir avec lui, qu’Anita a besoin. Cela le rend plus autonome, plus responsable. Cela peut paraître évident, mais le fait que Weverton fasse cela représente un miracle !

 

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Lucie D. En mission à la Fazenda au Brésil

Une nouvelle famille arrive à la Fazenda

Une nouvelle aventure commence à la Fazenda do Natal au Brésil, avec l’arrivée d’une nouvelle famille, Flavia et ses trois enfants. Mathilde et Adrien suivent et s’émerveillent des pas posés par chacun.

Marcelo coupant les cheveux des enfants, Elizeu, Melissa et Isaqeu

Ces derniers mois, la Fazenda, est arrivée Flavia et ses trois enfants : Mélissa, sept ans, Isaquel, cinq ans et Elizeu deux ans. Elle nous a été envoyée en urgence par les services sociaux de la ville voisine, suite à une plainte qu’elle a déposé pour violences aussi bien à son encontre qu’à celle des enfants. Elle ne devait rester au départ que quelques semaines, mais les délais pour lui obtenir une aide familiale et trouver un nouveau logement étant plus longs, elle a fait la demande de rester plus, pour le bien de ses enfants. Il y a eu en effet un changement impressionnant chez ces trois petits. Nous avons été, au départ, déstabilisés par leur violence aussi bien physique que verbale envers quiconque s’occupant d’eux et les contrariant. Les temps des douches étaient tout particulièrement violents, provoquant de leur part hurlements et insultes. Aujourd’hui, ces trois enfants sont méconnaissables ! De petits sauvages sans règles, ils sont quasiment devenus des petits anges ! Quasiment, car il y a toujours des crises, mais de coups ou d’insultes il n’est presque plus question. La présence de Kelsey, une volontaire américaine au sein de leur maison a sans doute fait beaucoup, à force de limites et de patience. Cependant, je suis impressionnée par la force que l’amour, l’attention et l’éducation peuvent avoir sur le développement des enfants ! La dernière fois, nous avons fait une petite promenade suivie d’un goûter et j’ai été émerveillée par leur curiosité, leur énergie débordante et surtout par leurs bonnes manières ! Isaquel a fait le service du jus de fruits, en veillant à commencer par les filles d’abord, tandis que Mélissa proposait régulièrement les pop-corn à partager. Tous disaient naturellement s’il te plaît, merci… Ces moments sont d’une beauté et d’une douceur inoubliables ! Aujourd’hui, la mission consiste davantage à responsabiliser Flavia dans son rôle, l’aider à être mère, tout simplement, elle qui trouve difficilement le juste milieu entre tendresse, jeux, laxisme. Souffrant également de problèmes psychiatriques et de dépression, elle a du mal à leur accorder de l’attention, à se faire obéir et à leur donner ainsi un cadre sécurisant. Elle est aussi très influençable et continue à prêter attention aux manipulations de sa famille, ne sachant pas discerner le vrai du faux et le bien du mal. Nous espérons qu’avec le temps et la confiance, ce temps soit bénéfique pour tous et donne à Flavia les clés pour recommencer une nouvelle vie auprès de ses enfants !

 

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Mathilde et Adrien C. En mission au Brésil

Diana et ses enfants, histoire d’amitié avec la Fazenda do Natal

Lucie vit à la Fazenda do Natal depuis deux ans, proche de cette maman, Diana, et de ses quatre enfants. Déboires et rebondissements d’une famille.

Sourires de la Fazenda !

Diana est une femme d’à peu près trente-­trois ans. Elle habite avec ses enfants en face du Point-­Cœur qui se situe à Simões Filho. Elle a des problèmes de santé. Elle paraît être toujours sans force, sans énergie. Elle semble être toujours complètement dépassée par les événements. Elle a eu quatre enfants avec des pères différents. L’aînée, Daiane a dix-­sept ans. Elle est suivie de Priscilla qui est âgée de quatorze ans. Weverton, le seul garçon de la famille a douze ans. La plus jeune, Ana-­Carolina a onze ans. La famille a été accueillie durant quelques mois à la Fazenda, il y a quelques années. Aujourd’hui, les deux derniers des enfants sont accueillis du lundi au vendredi. J’ai eu l’occasion de vivre avec eux. C’est l’une des premières familles que j’ai rencontrée. Ce qui me touche beaucoup chez eux, est le fait qu’ils s’aiment beaucoup. Diana est assez humble pour reconnaître ses limites. Elle fait assez confiance aux personnes vivant a la Fazenda (des étrangers !) pour leur confier ses enfants. Elle accepte l’amitié que nous lui proposons. Cette maman a de graves problèmes financiers. Ana-­Carolina et Weverton aiment beaucoup leur maman. Cette petite fille impressionne beaucoup par son sérieux et sons sens des responsabilités. Ainsi, l’année dernière, cette petite fille, du haut de ses dix ans, se réveillait tôt le lundi matin. Elle réveillait son frère et réchauffait le plat de pâtes de la veille en guise de petit-­déjeuner. Puis, ils allaient à l’école. Ces derniers temps, Weverton semble vouloir gagner de l’argent en travaillant le week-­end. Ceci est assez préoccupant car ce désir peut ouvrir la porte a beaucoup de dangers dans la rue au Brésil. Lorsque je lui ai demandé pour quelles raisons il souhaite travailler, il m’a répondu que c’est pour aider sa maman. Lorsqu’ils sont dans leur quartier, en famille, les enfants passent l’essentiel de leur temps dans la rue, livrés à eux-­mêmes. Un jour, au cours d’une conversation avec une volontaire, Ana­Carolina a avoué qu’elle aime vivre à la Fazenda car il y a des règles à suivre… réponse surprenante de la part d’une petite fille ! Il me semble qu’en vivant à la Fazenda, ces enfants font l’expérience d’être aimés. Dans notre village, Weverton passe la majeure partie de son temps à jouer aux billes avec Daniel, à râler lorsqu’on lui demande de laver son linge, de ranger sa chambre ou de faire ses devoirs. Quoi de plus normal pour un adolescent de douze ans qui a reçu très peu d’éducation si ce n’est celle de la rue ? La Fazenda offre a chacun la possibilité d’être à sa place : les enfants jouent, les adolescents râlent, les femmes cuisinent… Weverton me surprend aussi par sa capacité à se réjouir des petits plaisirs de la vie. Il est capable de sauter de joie à l’idée de manger un pat de pâtes pour le dîner, son plat préféré ! Il demande encore à ce qu’on lui lise une histoire avant de se coucher. Priscilla, sa sœur est âgée de quatorze ans. Elle va accoucher d’ici quelques semaines. Lorsque je suis arrivée, il y a deux ans, Priscilla était une adolescente très renfermée. Elle ne me parlait jamais, avait toujours son visage caché derrière ses cheveux. Il semblerait qu’elle ait voulu être enceinte. Aussi surprenant que cela puisse paraître, elle semble plus heureuse que jamais à l’idée de devenir mère. Elle marche fièrement avec son ventre de femme enceinte. Son visage s’est ouvert. Elle a rompu avec le père de l’enfant mais elle dit vouloir rester en contact avec lui. Elle a travaillé pour acheter le nécessaire pour l’arrivée de ce bébé. Après des débuts difficiles, Diana a décidé d’accompagner Priscilla et de l’aider dans ce nouveau rôle. Cela peut paraître évident, mais il est bon de vérifier que malgré toutes les difficultés du moment, un enfant qui pointe le bout de son nez apporte toujours avec lui de la joie !

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Lucie D. En mission au Brésil

Se sculpter un cœur de chair…

Anita et Marcos

Après un an et demi à la Fazenda, Lucie est toujours surprise de la compassion qu’ont les personnes les plus simples.

Ainsi, Anita, cette femme atteinte de schizophrénie, qui habite avec moi, me demande régulièrement si elle peut m’aider. Il y a aussi Roseane qui a un retard psychologique. Elle est parfois très agitée. Dans un éclair de lucidité, il est arrivé qu’elle me demande si je suis fatiguée. Lorsque je réponds par l’affirmatif, cela a pour effet de la calmer. J’ai aussi l’occasion d’accompagner Diego, un homme de trente ans, qui est handicapé. Il a été accueilli à la Fazenda à l’âge de douze ans. Il est assis sur un fauteuil roulant, il ne parle pas, il est dépendant pour tous les gestes de la vie quotidienne. Auparavant, il vivait dans un orphelinat. Lorsqu’il est arrivé, il criait beaucoup, il s’automutilait. Pour l’apaiser, le seul moyen était de le prendre dans ses bras. Il s’est peu à peu ouvert, épanoui. Diego aime avoir un chapelet dans les mains pour « jouer avec », cela l’apaise. Je suis aussi surprise de son étonnante fécondité. Ainsi, Ligia, une amie qui a vécu avec Diego à la Fazenda, l’accueille parfois à son domicile, dans le quartier du Point-Cœur . Une fois, lorsque je suis arrivée avec Diego, en voiture, devant la porte de Ligia, une voisine l’a interpellée : « Il est arrivé, le garçon ? » Ligia m’explique que Diego reçoit de nombreuses visites. Les habitants du quartier se sont pris d’affection pour lui. Certains jours, je prends soin de Diego, tout en ayant Maicon et Marcos avec moi. Ce sont ces deux enfants, âgés de cinq ans et deux ans. Ces deux « ter-­ribles ! » sont capables de rester tranquilles, lorsqu’ils savent que je dois m’occuper de Diego. J’aime beaucoup voir les « abraços », autrement dit les embrassades qu’ils donnent à Diego. Les premiers mots de Marcos furent « papa », « maman », « non » et « Didi », le surnom de Diego. Quant à ce dernier, qui est parfois si absent, il semble être attentif à la présence des enfants. Diego assis sur le fauteuil roulant Anita aussi s’inquiète toujours pour Diego : « Qui reste avec lui cet après-­midi ? » Lorsque je dois m’absenter, je demande à Anita si elle peut rester avec Diego. Aussitôt, elle s’empresse de laisser ce qu’elle faisait pour aller s’asseoir à côté de lui. Ce que je constate aussi, après un an et demi à la Fazenda, c’est que nous n’avons pas un taux de réussite, humainement parlant, très élevé ! Nos enfants ne sont pas brillants à l’école, les situations familiales sont toujours compliquées… Ce que je peux affirmer, par exemple, avec Maicon et Marcos, c’est qu’après avoir passé quelques jours en dehors de la Fazenda, ils reviennent plus endurcis, plus agressifs. Il me semble que le fait de vivre à la Fazenda leur donne un cœur plus doux. Cela est certainement dû à la Présence du Saint Sacrement, à la tendresse de Marie, à la présence de Diego, d’Anita…
Grandir à la Fazenda est le moyen pour se sculpter un cœur de chair, un cœur plus sensible à la souffrance du prochain, un cœur où peut naître la compassion.

 

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Lucie D. En mission à la Fazenda au Bresil

Eduquer avec tendresse et exigence

Vénération de la Croix à l’Enfant Jésus crucifié de la Fazenda do Natal

Marcos et Maicon, qui sont accueillis à la Fazenda do Natal avec leur papa, se retrouvent subitement sans maman. Lucie s’occupe d’eux et plonge dans leur souffrance, leur solitude, découvre l’exigence de les éduquer avec justesse.

A la Fazenda, la croix qui se trouve dans l’église est celle qui représente l’Enfant-Jésus crucifié. Il symbolise tous les innocents, en particulier, les enfants qui souffrent. Lors de la vénération de la croix, le vendredi saint, de nombreux visages me reviennent en mémoire. Il y a, bien-sûr, celui de Marcos et Maicon, âgés de presque deux ans et cinq ans. Comment pourrais-je les oublier ? En effet, j’ai passé la plus grande partie de mon temps, lors du Triduum pascal, à prendre soin d’eux. Leur famille a été accueillie, il y a déjà plusieurs mois à la Fazenda. Après plusieurs semaines, leur mère, Jo, a décidé de les quitter. Elle a le même âge que moi, vingt-neuf ans. Ce qui me frappait le plus, au cours de nos conversations, est le fait qu’elle avait un passé déjà si lourd à porter : un mélange de violence, d’alcool, de drogue… Elle est arrivée à la Fazenda avec le désir de donner une nouvelle chance à la famille qu’elle forme avec Pequeno, le surnom du père de ses enfants. Elle s’était aussi inscrite à des cours du soir pour devenir, dans quelques années, aide-soignante. Malgré son apparence si forte, il semble que ses vieux démons l’ont rattrapée. Pequeno a décidé de rester vivre à la Fazenda. Avec son calme habituel, il tente d’éduquer ses enfants. Récemment, il a enfin trouvé un emploi dans une fazenda voisine. Évidemment, Marcos et Maicon souffrent de l’absence de leur maman. Jo allaitait encore le plus jeune lorsqu’elle est partie. Ce qui me frappe le plus est le fait qu’ils pleurent très rarement ; si Marcos tombe, il se relève aussitôt et recommence à courir. Durant la semaine sainte, Pequeno travaillait de nuit. J’ai donc pu remarquer que la seule cause des pleurs de Marcos est liée au manque de présence. Ainsi, Marcos refuse de s’endormir seul. Lors de la veillée pascale, il était impossible de le laisser dormir sur la couverture, il restait littéralement accroché à mes bras. La nuit suivante, à chaque fois qu’il commençait à pleurer, le fait de le toucher, l’apaisait et lui permettait de se rendormir. Maicon, son frère, semble s’endurcir durant ces dernières semaines. Il a parfois un air si grave, si sérieux. Il est toujours très attentif à son frère. C’est un enfant qui est perturbé, qui peut être agressif, en retard à l’école. Cependant, il continue à me surprendre. Ainsi, il est beau de le voir chanter des alléluias durant les offices qui sont toujours un peu agités. Un matin, au moment du lever, il me dit : « Allez Lucie, on prie ! » Ce matin-là, il prendra sa douche en chantant : « Marie, si belle, Jésus t’aime… » ; en portugais, ça fait des rimes ! Un peu plus tard, dans la journée, alors que je lui montre la statue de Marie dans l’église, en lui expliquant qu’elle est toujours avec lui, il me demande : « Et si je vais à la plage, elle est là aussi ? » Il y a aussi ce jour, où il nous explique que si nous rencontrons des loups à la Fazenda, nous devons parler à Jésus. Accompagner Marcos et Maicon me demande toujours de trouver un juste équilibre entre la tendresse et l’exigence. Il n’est pas évident de leur donner toute la tendresse dont ils ont besoin et en même temps de les corriger, de les éduquer.

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Lucie D. Volontaire à la Fazenda do Natal au Brésil

Deux nouvelles familles à la Fazenda

A la Fazenda do Natal au Brésil, deux nouvelles familles arrivent avec leur lot de souffrance et de douleur que Sr Bénédicte, Servante de la Présence de Dieu, et la communauté portent avec eux au quotidien.

Diego et Anita à la Fazenda do Natal

Deux nouvelles familles sont arrivées depuis ces derniers mois. La joie des petits fait celle des plus grands ! Anita sourit à nouveau. Elle me disait qu’une communauté sans enfant est une communauté triste. Elle revit ! La sortie de la messe a repris des allures de jeux mélangés aux discussions des adultes. Les maisons sont visitées par des petites mains qui demandent un jeu, un verre d’eau, un goûter, un bisou ou qui cherchent à faire une bêtise ! La fazenda refleurit également au sens propre du terme. Arivaldo (dit Pequeno=petit), un des papas, connait et aime les fleurs et la culture et s’y est attelé depuis son arrivée. Dans son sillage, chacun s’essaie à la plantation de roses, de mais, de manioc et autres légumes ! Après une amitié de quatre ans avec Jo et Pequeno dont on visite le village, ceux-ci ont décidé de venir vivre avec nous, de partager cette expérience de vie communautaire, de prière, de service et d’apostolat. Jo avait envie de laisser une dernière chance à leur couple qui était en train de se détruire. Les fruits ont été beaux pendant quelques semaines  : ils se sont retrouvés et les avoir avec nous était un vrai plaisir et d’une vraie simplicité. Pequeno, en bon bahianais, d’une tranquillité sans pair et heureux comme un poisson dans l’eau, nous saluait chaque matin de sa maison – alors qu’on prenait  le petit déjeuner et qu’il allait arroser ses plantes – d’un bonjour enthousiaste. Il était devenu un rayon de soleil. Jo aidait à la cuisine chaque matin en chantant et en louant le Seigneur à tue-tête. Avec sa franchise, son honnêteté, sa soif, sa joie dans le travail, elle nous en donnait une leçon ! Elle allait à l’école quelques après-midi par semaine, ce qu’elle n’arrivait plus à faire lorsqu’elle était chez elle. Hier, Jo est partie. Nos amis sont bien fragiles et inconstants. Et sans le Christ est-il possible de traverser la tempête ? Pequeno reste pour l’instant avec les deux petits Maikom et Marcos. Notre mission est maintenant de les accompagner dans cette épreuve. Entourer d’amour les petits qui recevront peu l’amour de leur maman ou qui pensent qu’ils ne sont pas aimés par elle!

Juliana et Augusto sont arrivés depuis six mois maintenant avec leur bébé Nathan qui a un an aujourd’hui. Ils sont arrivés à la fazenda « forçés » par le destin dans une situation de souffrance (ils étaient presque dans la rue). À leur arrivée, la fazenda était comme un souffle, une respiration, un repos dans le cœur du Christ. La blessure est grande, ouverte. La sensibilité, la fatigue, l’angoisse reprennent le dessus certains jours. Je vous demande de prier pour eux. Les deux tentent de travailler pour se refaire une vie après : cuisine, ventes, travail proposé par quelques amis. Ils tentent également de se refaire une santé. Nous espérons qu’ils puissent découvrir les bénédictions de la croix, l’amour dans la souffrance, la gratuité, la dépendance de Dieu. Tant de valeurs chrétiennes essentielles dans notre chemin vers le Père. Nous prions beaucoup, tentons de les accompagner dans leur lutte par notre amitié, notre aide, telle une main qui se tend sur le chemin.

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Sr Bénédicte Servante de la Présence de Dieu, en mission au Brésil

Un regard nouveau à la Fazenda

Hortense et François-Xavier, un jeune couple de bretons, vient d’arriver à la Fazenda do Natal. Ils découvrent le rythme de vie dans ce village Points-Cœur, et les premiers visages de ceux qui leur sont confiés… 

François-Xavier à la Fazenda

François-Xavier à la Fazenda

A la Fazenda, on ne s’embête jamais ! Les matinées sont consacrées à l’entretien de la Fazenda, à la cuisine, au ménage. J’ai (François-Xavier) déjà été investi de plusieurs tâches de bricolage pour les semaines à venir. Les déjeuners se prennent tous ensemble. Puis, l’après-midi, nous partons en apostolats (visites) dans les villages alentours : Menino Jesus, Passagem dos Texeiras, Simoes Filho, Canta Gallo, Candeias.

Ce début de mission est pour nous l’occasion de faire connaissance avec les amis de Points-Cœur. Ilona nous présente Dona Matilde, femme de 104 ans qui vit dans une favela et est assez isolée. Lucie nous présente Io et ses cinq enfants qui vivent dans une seule pièce dans des conditions très précaires. A chaque visite, nous sommes frappés par la pauvreté dans laquelle les gens se trouvent… Les gens ne vivent de rien, mais pourtant ils nous accueillent toujours dignement. Nous rentrons petit à petit dans le charisme de compassion de l’œuvre Points‐Cœur. Nous apprenons à être tout simplement présents (de toute façon, nous n’avons pas encore le niveau pour rentrer dans de grandes discussions en portugais !), nous apprenons à les aimer.

Cette mission est pour nous l’occasion d’avoir un regard nouveau ! Nous comptons sur vos prières pour nous aider à rentrer dans ce beau programme que nous propose Points‐Cœur. Tous les lundis après-midis, nous faisons une visite un peu spéciale : nous allons à l’orphelinat de Simoes Filho. Nous découvrons au milieu de la ville, un bâtiment sale : il n’y a pas de jeux pour les enfants, la télé est allumée toute la journée et ils ont des chips au goûter ! Nous rencontrons des enfants qui ne demandent qu’à être aimés : Paulo, demande encore et encore des câlins, il ne nous lâche pas… Nous sentons chez ces enfants un profond manque d’affection que nos visites hebdomadaires ne pourront pas combler. Ils sont ravis de jouer avec les jeux que nous apportons : Uno, domino, nous créons peu a peu avec eux une amitié.

Enfin, le mardi, nous passons la journée dans le Points‐Cœur de la Coroa, quartier très pauvre de Simoes Filho. C’est pour nous l’occasion de faire connaissance avec Weverton (treize ans) et Ana Carolina (dix ans) que nous allons bientôt accueillir dans notre maison à la Fazenda. Fini la vie à deux, on passe déjà à quatre ! Ces deux enfants passent beaucoup de temps dans la rue, vont à l’école au gré de leurs désirs. Leur maman est soulagée que nous puissions les prendre. Le premier contact est un peu compliqué. Il va falloir les apprivoiser très doucement. Notre mission n’est pas tant de les éduquer, mais de s’en faire des amis, qu’ils aient confiance en nous, et nous en eux. Nous appréhendons un peu leur arrivée. Mais si d’autres volontaires l’ont fait, alors pourquoi pas nous ?!

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Hortense et François-Xavier L. Volontaires en mission à la Fazenda do Natal

Anita, une présence fidèle à la Fazenda do Natal

Anita et Bernardo

Anita et Bernardo

La présence incontournable d’Anita qui vit depuis plus de vingt ans à la Fazenda do Natal au Brésil. Une rencontre inoubliable, une attention aux autres, une compassion à fleur de peau.

Au sein de la maison qui est confiée à Sainte Thérèse-de­‐l’Enfant­‐Jésus vit aussi la personne qui réside à la Fazenda depuis le plus longtemps, c’est-à‐dire depuis vingt ans. Elle s’appelle Anita. Elle a cinquante-deux ans. Elle est croate. Cette femme a la particularité d’être atteinte de schizophrénie. Elle a souvent des visions, entend des voix… Elle parle souvent d’ennemis… C’est une femme qui a de beaux yeux bleus. Elle a un vrai amour pour la Sainte la « Sainte de son pays » comme elle dit, « la Reine de la paix ». Elle ne lâche jamais son chapelet. Avant que sa maladie ne se déclare, Anita était une artiste qui a eu l’occasion de voyager. C’est une femme très sensible, qui souffre beaucoup du fait de sa maladie. Par exemple, elle croit qu’elle peut transmettre sa maladie aux enfants. Elle s’alimente seule, n’accepte de prendre que certains aliments. C’est une femme discrète, qui a une petite voix. Elle est aussi très fidèle. Elle ouvre les portes de l’église chaque matin et les ferme chaque soir. Elle sonne les cloches à heures régulières. Elle prépare chaque jour l’autel pour la messe. C’est aussi une fidèle du ménage de l’église, chaque vendredi matin. Elle passe beaucoup de temps à la balayer dans la semaine. Elle met régulièrement un bouquet de fleurs devant le tableau représentant Sainte Thérèse. Nous rencontrons régulièrement Anita durant la journée. Elle vient souvent nous demander s’il reste du café dans notre maison. Ainsi, chaque matin, à 6 heures, après avoir sonné les cloches de l’église pour la première fois de la journée, elle fait une halte à la maison Saint-­Gabriel et balaie notre terrasse, en attendant que le premier café préparé par Père Christian soit prêt. Anita s’assoit toujours en retrait du groupe, sur un petit banc qu’on utilise pour faire l’adoration. C’est aussi une femme très profonde, qui explique qu’elle s’alimente ainsi pour jeûner, pour faire pénitence. Du fait de sa maladie, tout est excessif. Elle a une vraie vie de prière, chaque jour, elle prend son tour pour adorer une heure, elle participe à la messe, à la prière du chapelet. Il est toujours surprenant d’entendre, au milieu de ses descriptions de visions, une remarque vraie et profonde. Ainsi, un dimanche matin, alors que nous prenions un café ensemble, au détour d’une conversation banale, elle s’arrête pour me dire : « Elle doit vraiment être là aujourd’hui, “ma Sainte” cachée. On ne la voit pas, parce que le ciel est tout bleu ». Ou, un autre jour, elle m’avoue que, déjà dans le ventre de sa mère, elle souffrait. Anita aime beaucoup les enfants. Elle est la marraine de Bernardo, un enfant de cinq ans, qui était accueilli à la Fazenda l’année dernière, avec sa famille. Il a reçu le sacrement du baptême, ainsi que sa famille, durant son séjour à la Fazenda. Aujourd’hui, malheureusement, il vit dans un orphelinat. Il était le seul à pouvoir entrer dans la chambre d’Anita. Chaque dimanche après-midi, nous allons lui rendre visite. C’est toujours difficile pour Anita d’accepter de sortir. Elle ne manque cependant jamais de prendre de ses nouvelles, et de donner un paquet de gâteaux aux volontaires pour Bernardo. Un jour, Anita m’explique qu’elle l’aime beaucoup, qu’elle prie beaucoup pour lui, parce que : « Lui, il est tellement pauvre en amour ». Anita aime aussi souvent répéter cette phrase : « Paix et amour ». Elle peut la dire à chaque personne qu’elle rencontre dans la rue. Il est ainsi très facile de faire de nouvelles rencontres en sa compagnie. Cette personne a un point faible : les gâteaux ! C’est l’un des seuls moments où elle accepte de manger en notre présence. Il est aussi très beau de voir Marcus, un adolescent de quinze ans qui fait le pain pour le village, penser à donner un pain à Anita. Celle-­ci, après en avoir mangé la moitié toute seule, alors qu’il est encore chaud, le met dans son sac et l’emporte dans sa chambre. Anita est aussi très attentive à Diego. Elle ne passera jamais à côté de lui sans lui adresser une parole, sans avoir un geste pour lui. Une fois, elle me dit : « Tu te rends compte, il a tellement de souffrances en lui, il ne peut rien faire tout seul ».

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Lucie D. Volontaire à la Fazenda do Natal

Les mots de Dona Beatriz…

Louis a recueilli les mots de Dona Beatriz qui vit très seule depuis la mort de son mari. Elle habite dans un village voisin de celui de la Fazenda do Natal.

Dona Beatriz

Dona Beatriz

Au cours d’un de mes derniers passages, elle a fait mémoire de façon émouvante de ces années d’histoire de visites…

« Un jour, nous étions en train de restaurer le mur de la maison pour faire une chambre, et sont arrivés Luiz, et Gael et Julieta, et ils se sont mis à travailler sur le mur, à arranger la porte. Ils ont pris les briques pleines de charbon, et on a tant ri. Ils sont si amusants. Il n’y avait pas d’outils, ils ont été en demander aux voisins. Vous voyez comme Dieu est bon ! Sans que je demande, ils ont réparé ma porte, c’est Dieu qui passe à travers les personnes ! Il y a tant de moments où je suis seule… Cela fait quatre ans que je vous connais, et vous êtes plus que ma famille. Mes enfants ne s’occupent pas tant de moi. Je suis malade, et vous venez par ici m’apporter de la joie et du plaisir. Quand mon mari était malade, vous veniez ici prier pour lui et il vous adorait. À chaque fois que vous repartiez, il disait : « Où ils sont partis ? » Et quand vous ne veniez pas, c’était une tristesse pour lui, et pour moi aussi. Tout était sombre dans ma vie, mais quand vous veniez par ici, , alors tout cela s’arrêtait. Pour moi, c’était très bon, ma santé s’est améliorée. Le père Arnaud venait confesser mon mari alors qu’il était gravement malade. Après, il ne pouvait plus parler ni manger normalement, mais il l’a confessé. Alors il est mort dans la main de Dieu. Le jour où il est mort, Yassine, il ressemblait à un petit ange. On n’aurait pas dit que c’était lui. Il a tellement changé… »

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Louis dA. Membre permanent de Points-Cœur, en mission au Brésil