Vivre l’Evangile dans nos rencontres

Arnault est à Procida et il découvre sa mission grâce aux amis dont la dure vie est une école d’espérance

Une grande grâce de notre mission est qu’en quittant nos vies, nous prenons le temps et la liberté de chercher de vivre l’Evangile dans l’amitié des personnes que nous rencontrons.

Le jardin de la miséricorde avec Giuliano

Le meilleur exemple que je peux vous donner est ce que je vis avec M. En décembre dernier, il est parti dans un centre de désintoxication pour l’alcool. Il y a tenu un mois et fin janvier nous l’avons croisé à Procida tranquillement installé à la table d’un café. Depuis, sa situation s’est particulièrement aggravée. Il a été déclaré bipolaire par un psychiatre. Il risque de perdre sa pension en septembre prochain et de temps en temps, il est simplement hors de contrôle et se met à boire jusqu’au dernier sou. Pour autant, notre amitié, elle, se développe en profondeur. Il va travailler avec Giuliano trois à quatre fois par semaine dans une propriété de Procida. Régulièrement, nous le trouvons sur la place à côté de chez nous pour papoter un peu. Vendredi dernier, M. est venu déjeuner chez nous pour mon anniversaire et m’a fait un beau cadeau puisqu’il m’a accompagné ensuite à l’apostolat auprès des Sœurs de Mère Térésa. C’est toujours une joie d’être avec M., il est drôle, bon vivant et peu de chose semble pouvoir affecter sa bonne humeur. Nous sommes de plus en plus complices et je m’attache de plus en plus à lui. Alors comment réagir à chacune de ses histoires, de ses sorties de route ? Déjà, prier pour lui est un bon début mais aussi pour que le Seigneur nous guide avec lui. Ensuite accepter sa maladie et son démon puis en parler avec Giuliano pour prendre du recul et voir ce qui est juste et bon pour lui. Nous cherchons aussi à le maintenir occupé pour éviter qu’il ne se retrouve seul trop longtemps. Pour cela, nous avons commencé un jardin dans sa maison, le jardin de la miséricorde… Bécher la terre, planter des salades, arroser le basilic, discuter du meilleur moment pour mettre les semis de tomates en terre et enfin terminer par un gros barbecue sont d’excellentes occupations pour M. ! Mais finalement, la clé est de ne jamais perdre l’espérance parce qu’après tout, le Christ, Lui, ne l’a jamais perdue pour nous. Et c’est là ce dont M. a le plus besoin, lui, que l’on sent tellement blessé par le regard des autres qui n’ont plus aucune espérance pour lui. « Ne jamais perdre l’espérance », c’est une belle phrase que celle‐ci, dans le même style que « l’amour comme seule réponse possible ». Pour autant, vivre avec elles chaque jour peut relever d’une vraie prouesse d’acrobate.

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Arnault S. Volontaire au Point-Cœur de Procida