Victor, sur les traces de Faustino Perez

Gaspard est en mission au Point-Cœur Faustino-Perez au El Salvador depuis trois mois. Dans le quartier les jeunes grandissent à l’ombre du Point-Cœur, certains sont des pépites et des maîtres de vie et de foi.

Nous essayons d’être des exemples d’unité et de foi pour les jeunes du quartier, mais ils ont également tellement à nous apprendre. C’est le cas de Victor, un jeune de seize ans, qui reconstruit sa vie avec caractère et humilité. Brutalement orphelin à onze ans, il tente de mettre fin à ses jours. Il est adopté par ses grands-parents, son seul réel soutien familial. Des problèmes de santé l’obligent à passer trois heures par jour à l’hôpital. Et, dès son retour, il passe par le Point-Cœur, toujours prêt à rendre service, il nous aide à cuisiner, à faire les courses au marché (pour ne pas se faire avoir sur les prix !). Et, petit à petit, il prie également avec nous. Il participe tous les jours au chapelet, en suivant l’exemple de bienheureux Faustino Perez. Puis, il nous accompagne également à la messe. De confession évangélique, nous sommes initialement surpris et impressionnés par sa démarche personnelle de foi. Sa tante lui interdit d’aller à l’église, et le bat pour ça. Mais, malgré cela, il nous annonce avec conviction qu’il veut se faire baptiser et recevoir le sacrement de l’Eucharistie. Cette annonce renforce notre amitié. Je suis de plus en plus épaté par la simplicité de cœur de ce jeune. Le jour de son anniversaire, nous lui demandons ce qu’il lui ferait plaisir et il nous répond : « Je sais que je suis né le même jour que la fête de la vierge du Rosaire, j’aimerais simplement aller avec vous à l’église El Rosario ». Quelle « claque » pour nous, il ne recherche pas les biens matériaux, seulement partager sa foi et son amitié.

Victor est un exemple de foi pour nous mais, également, pour les autres jeunes du quartier car, au fond, il partage également leur quotidien. Je suis toujours étonné de voir que, dans la misère du barrio, les jeunes se soutiennent mutuellement. Tous jouent ensemble sans préjugés, de deux à dix-huit ans, handicapés ou non. Ils partagent leur nourriture, leur téléphone. Dans la pauvreté de ce quartier la solidarité est naturelle.

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Gaspard M. Volontaire en mission au El Salvador