« Tu peux m’aider ? »

Elodie est au Point-Cœur d’Afragola à Naples, rencontres avec des enfants qui prennent confiance en eux par l’attention qu’elle leur porte…

Rosa en plein apprentissage

Tous les après-­midi, à la paroisse, Maurizio (un consacré de Points-­Cœur) et Angelarita (une jeune de la paroisse) s’occupent du dopo scuola (l’aide aux devoirs). Ces deux derniers et d’autres volontaires accueillent, chaque après-­midi, une quinzaine d’enfants du quartier et aussi des Salicelle (l’ancien quartier où se trouvait le Point-­Cœur). Le dopo scuola est bien plus qu’une simple aide pour les enfants, c’est un lieu où les enfants apprennent les bonnes manières, les bons comportements à avoir, qu’ils n’apprennent pas chez eux. Étant enseignante, je me sentais appelée à aider les enfants à grandir, que se soit au niveau scolaire ou social. Je me rends donc tous les jeudis après-­midi à la paroisse, où je m’occupe de deux ou trois élèves de quatrième et cinquième année de l’école primaire. Tous les jeudis j’ai sous ma responsabilité Rosa, une petite fille de huit ans (quatrième année de primaire) mais qui, en fait, a le niveau d’une enfant de première année. Ce n’est pas toujours évident de travailler avec elle, son temps de concentration est minime et elle se laisse souvent distraire par les autres enfants autour d’elle. Toutefois, de jour en jour, je me sens de plus en plus responsable d’elle. Je veux l’aider à assimiler ce qu’elle n’a toujours pas acquis à l’école. Pour cela, je travaille avec les jeux de Montessori que nous avons à notre disponibilité. Rosa aime beaucoup ces jeux. Mais la condition pour jouer est de finir tous ses devoirs correctement. C’est une bonne motivation. Il y a aussi Toto qui a attiré mon attention dès le premier jour de dopo scuola. Au début, Toto refusait catégoriquement de faire ses devoirs avec moi. Dans sa façon de parler et de se comporter, il faisait le fier, le fort qui n’a pas besoin d’aide. Je me suis dis que ce n’était pas grave, qu’un jour il accepterait peut-­être. Un mois plus tard, j’étais assise à une table avec Rosa, il s’est approché et m’a demandé tout gentiment : « Tu peux m’aider ? » Mon cœur s’est rempli de joie, je ne pouvais pas croire ce qui se passait. A la fin de l’heure, c’était le moment pour moi de m’en aller. Je saluais tout le monde de la main, quand Toto s’est mis debout, a couru vers moi et a sauté dans mes bras. Ces enfants ne demandent qu’à être aimés et aidés. Ils nous surprennent toujours au moment où nous nous y attendons le moins.

Le sourire de Renato !

Renato habite juste en bas de chez nous. Ses deux frères et lui viennent quasiment tous les après-­‐midi chez nous, pour jouer, et ils restent même parfois pour prier le chapelet avec nous. Le 28 septembre dernier, Renato a fêté ses sept ans. Deux jours avant, il n’arrêtait pas de nous répéter que c’était bientôt son anniversaire et nous demandait avec sa belle petite tête d’ange : « Tu m’offrira un cadeau ? » Sa famille étant l’une des familles les plus pauvres que nous connaissons, nous avons décidé en communauté de lui préparer un gâteau et de lui offrir un petit cadeau. En voyant son gâteau et son cadeau arriver, un sourire s’est dessiné sur son visage. En ouvrant son cadeau, il a découvert un magnifique camion de pompier qu’il n’a pas lâché de tout l’après-­midi. Personne ne pouvait y toucher. Il n’arrêtait pas de dire : « È il mio » (c’est le mien). Renato est un enfant qui sourit la plupart du temps mais le sourire qu’il avait ce jour-­là sur le visage est un sourire que je ne pourrai jamais oublier.

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Elodie dA. Volontaire au Point-Cœur d'Afragola