Sur les pas des anciens volontaires…

Marie et Justin à Villa Jardin

Dans ce quartier du Point-Coeur de Buenos Aires, Marie se laisse guider par les anciens volontaires et découvre toute cette vie, ce quartier, ces amis.

Ce qui m’a marqué dans ces premières semaines, c’est tout d’abord la confiance que nous font les amis du quartier : ils me laissent entrer dans l’intimité de leur vie avec une grande simplicité, me parlant de leur histoire et de leurs souffrances, alors que nous les connaissons à peine. C’est sans doute cette grâce de faire partie de Points-C­oeur, je reçois les fruits des amitiés des anciens volontaires. C’est une belle surprise de voir combien ces amitiés sont encore si vivantes pour les personnes du quartier. Voir les yeux briller quand ils parlent de tel ou tel volontaire. Carmen, quatre-­vingt-onze ans, si heureuse et fière de me montrer les lettres et photos de tous les missionnaires qui sont passés, qu’elle garde précieusement depuis dix ans. Et son émotion quand elle me dit : « Quand je suis triste et que je me sens seule, j’aime regarder ces photos, relire ces cartes et alors je retrouve la joie de vivre. » Ou Estella qui me parle avec joie et enthousiasme de cette amitié particulière avec une volontaire qui a été présente pendant sa maladie. Et quand elle me montre une lettre de celle-­ci, je découvre qu’elle était en Argentine il y a dix-­‐huit ans ! Je suis touchée de voir que, même en leur absence, même après des années, les volontaires ont laissé une trace dans le cœur de nos amis, que cette amitié qui paraît lointaine est encore bien vivante.

Les enfants de Villa Jardin ont une place toute particulière dans ma mission « Hola Punto-­Corazón, que van a cocinar hoy ? » (« Salut Point-­oeur, qu’est-ce que vous allez cuisiner aujourd’hui ? ») Ça, c’est la petite voix de Luna, quatre ans qui, plusieurs fois par jour, vient à notre fenêtre pour discuter avec nous. C’est un autre aspect de ma mission qui m’a surprise dès mon arrivée : la présence constante des enfants au Point-­Coeur. Comme happés, ils s’attroupent souvent devant notre maison pour jouer, comme pour signifier leur présence et espérer rentrer dans la maison. La fenêtre de la salle principale qui est assez basse donne sur la rue, et les enfants défilent et s’y agrippent pour discuter avec nous, nous demandant un verre d’eau, s’ils peuvent nous aider à faire le ménage, à cuisiner… Dès qu’ils peuvent, ils entrent dans la maison et ne veulent pas en sortir : « Est ce que je peux t’aider à ranger ? A laver ? A faire la vaisselle ? » Tous les prétextes sont bons pour rester là. Je deviens même experte pour connaître toutes les cachettes de la maison dans lesquelles ils viennent se cacher au moment de partir. A travers ce besoin pressant de venir chez nous, d’être à nos côtés, je m’interroge. Je sens chez eux un besoin d’affection, de sécurité, d’un cadre aussi, pas toujours présent dans les familles. Vous l’avez compris, il règne donc au Point-oeur une atmosphère vivante et animée, qui demande une disponibilité entière, me poussant à me dépasser. J’aime cette simplicité, cette porte ouverte à tout instant, laissant place à l’imprévu.

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Marie GC Volontaire au Point-Coeur de Buenos Aires