Señora Rosa : la plus belle rose de notre quartier

Jonathan est en mission depuis maintenant quatre mois au Point-Cœur de Valparaiso. Il nous présente la première amie qu’il s’est faite dans son quartier de Porvenir Bajo : une dame âgée de quatre-vingt ans, du nom de Señora Rosa.

Le quartier du Point-Cœur : Porvenir Bajo

Comme chaque après-midi durant la semaine, nous allons visiter nos amis du quartier : ce sont plus de soixante familles qui connaissent Points-Cœur et tout ses volontaires, à qui nous allons régulièrement rendre visite dans leur maison. Avant de vous présenter mon amie, je voudrais tout d’abord vous conter le contexte, son lieu de vie, puis enter dans sa maison et vous la présenter personnellement. La Señora Rosa vit seule dans une petite cabane faite de quatre murs en planches de bois, sans eau ni électricité, avec juste son lit et une petite fenêtre pour laisser entrer le jour et éclairer son visage. Maintenant que nous avons une vue géographique de l’endroit où vit mon amie, vous pouvez avec moi descendre un petit chemin en terre, observer un moment sa petite cabane au fond de ce chemin, puis, une fois descendu jusqu’à la porte de sa maison, l’appeler d’une voix forte : « Allo, Señora Rosa, Puntos Corazon ! » et attendre jusqu’à entendre sa petite voix dire: « Pase, pase… » (Entrez, entrez…). Alors, à ce moment-là, nous rentrons dans le rosier le plus beau que la terre n’ait jamais porté. Allongée sur son pauvre lit, la Señora Rosa ne peut pas marcher car ses reins ne fonctionnent plus et elle n’est pas dialysée… je vous laisse imaginer ses souffrances. De plus, Señora Rosa a un cœur trop grand (dans les deux sens du terme) et des poumons qui fonctionnent très mal (grandes difficultés respiratoires). Je peux donc dire qu’au niveau médical, c’est une femme qui souffre, jour et nuit.

Mais continuons notre visite, car elle est loin d’être finie et nous avons encore un peu de chemin à faire avec elle… La Señora Rosa nous attend toujours, elle connaît le Point-Cœur depuis longtemps et a une grande confiance en chacun des missionnaires qui viennent la visiter. Une fois arrivé au pied de son lit, l’espace est si petit qu’il faut rester debout tout le long de la visite ! Courage, ça en vaut la peine, ne nous arrêtons pas là ! Et à partir de là, le ciel s’ouvre. Face à son sourire, sa joie, son espérance, sa foi, sa petite voix, je ne peux plus rien dire. Un tel témoignage, si fort, si beau, tel une rose finalement. La Señora Rosa, malgré ses souffrances passe une bonne partie de sa journée à prier. Je retrouve même sur son lit ce livre, Histoire d’une âme de la petite Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qu’elle lit et relit chaque jour. Encore un petit clin d’œil de cette sainte qui m’accompagne chaque jour de ma mission. Rendre visite à la Señora Rosa, c’est aller au cœur d’un foyer de lumière qui éclaire et rayonne dans tout le quartier. Tout part de la plus petite maison, la plus pauvre, et de là, cette lumière rayonne si fort, si fort ! Avoir l’honneur de connaître cette dame et l’immense joie d’être son ami me comble tellement que rien que pour cela, ma mission pourrait se terminer, et je serais heureux de l’avoir vécue. Au cœur de la simplicité, de la pauvreté, de l’abandon et de la foi se trouve une rose, une rose belle, délicate, pure ; et qui sans le vouloir reste la plus belle des roses ! Quelle grandeur de vivre ces moments avec la Señora Rosa, quelle beauté et quel cadeau ! Puis se termine notre visite, après avoir parlé quinze, vingt, trente minutes, nous terminons par un temps de prière, un « au revoir » chaleureux. Puis nous retournons à la maison, le cœur rempli, en silence sans rien dire, face à la grandeur de ce que nous venons de vivre et qui reste une fois de plus dans mon cœur, tel un sceau qui marque pour l’éternité, mais un sceau qui brûle d’amour et ainsi ne te fait aucun mal lorsqu’il est posé sur le cœur…Facebooktwittergoogle_pluspinterestlinkedin

Jonathan R. Volontaire en mission au Chili