Ramesh et Ramu, comme père et fils

Ramesh au Jardin de la Miséricorde

Au Jardin de la Miséricorde, nous avons accueilli, il y a quelques mois, Ramesh, un nouvel habitant d’une cinquantaine d’années.

Les premiers temps ont été difficiles pour lui et nous sentions bien qu’il avait du mal à trouver sa place et à être heureux chez nous. Originaire de Chennai, pas très loin du Point-­Cœur de Kasimode, ce sont les volontaires qui nous l’ont amené. Il vivait auparavant chez les Petites Sœurs des Pauvres mais son comportement parfois violent posait problème et il s’est retrouvé pratiquement à la rue. Pour nos pensionnaires du Jardin, il est difficile d’accueillir un nouveau au milieu de leur existence déjà bien réglée, mais Ramesh ne prenait pas tellement d’initiatives non plus pour participer aux tâches de la vie quotidienne. Si nous ne lui demandions pas explicitement d’aider à la vaisselle, par exemple, il restait assis à attendre que cela se fasse sans lui. Il avait sûrement perdu l’habitude dans les différents lieux où il avait été accueilli auparavant car il était pris en charge du début à la fin. Puis, petit à petit, il a commencé à s’ouvrir un peu et à sourire, mais il demandait constamment aux volontaires de Chennai de le ramener avec Ramesh eux. Que faire, puisqu’il n’avait aucun autre lieu où aller ? Les Petites Sœurs ne voulaient plus entendre parler de lui. Puis, un jour, la situation familiale d’une femme du village voisin que nous connaissons bien est devenue très délicate. Et son fils de trente-­cinq ans, qui souffre d’une maladie nerveuse depuis qu’il est petit, a dû trouver refuge au Jardin pour quelque temps. Ramu a ainsi débarqué dans notre vie et nous avons proposé à Ramesh de s’occuper de lui. Ramu peut parler et est indépendant pour se laver et faire sa lessive. Mais il ne peut pas tenir sur ses jambes et ses tremblements incontrôlés l’empêchent de se nourrir seul. Et voilà que nous avons vu Ramesh devenir comme un père pour lui. Et non seulement pour lui, mais, d’une certaine manière, il est maintenant, de manière très naturelle, une présence paternelle pour le Jardin. Il est très présent en cuisine, s’occupe toujours de me garder un peu de nourriture de côté lorsque je suis à l’extérieur et arrive après l’heure du repas, s’inquiète si je suis en retard, vérifie que j’ai bien pris du dessert, m’interroge sur ma journée, même si nos conversations en tamoul sont bien limitées. Et il a ces mêmes préoccupations pour les autres aussi. Son goût pour la prière a grandi et il est le plus fidèle aux temps quotidiens d’adoration silencieuse, pendant lesquels nous l’entendons toujours sortir son chapelet de sa petite boite en plastique. Il égraine les « Je vous salue Marie » et il est heureux. Son visage rayonne. Il retourne parfois passer un ou deux jours à Chennai mais il rentre toujours à la maison, au Jardin.

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Alexis D. En mission en Inde