Quand Sandra sourit !

Au Point-­Cœur de Valparaiso, Albane voir grandir l’amitié avec Sandra qui s’ouvre et redécouvre la joie de sourire lors du Pèlerinage pour les 25 ans de Points-­Cœur.

Sandra avec son hamster, et Albane

Sandra avec son hamster, et Albane

Sandra est une jeune femme de trente-quatre ans. Son histoire est malheureusement bien triste. Mais je choisis de vous parler d’elle car j’ai vraiment été marquée par son évolution depuis que je l’ai connue pour la première fois. Sans rentrer trop crument dans les détails de sa vie, Sandra a été profondément blessée et détruite par la vie. Elle a connu Points-­Cœur grâce aux visites du vendredi à la prison. Depuis sa sortie de prison, nous sommes restés en contact avec elle. Sandra est persuadée qu’elle ne vaut rien, que tout le monde est supérieur à elle, que le monde entier lui veut du mal… Elle semble avoir perdu toute dignité humaine. C’est pourquoi il lui est très difficile de s’ouvrir aux autres, d’accorder sa confiance à quelqu’un. Nous voyons Sandra assez souvent à la messe mais elle se tient toujours au fond de l’église (pourtant pas comble !) au dernier rang, prostrée et engoncée dans son manteau comme si elle avait honte qu’on la voit. Malheureusement, nous nous trouvons bien souvent désemparés face à toute la souffrance qu’elle porte en elle, et notamment face à sa volonté de tuer son père et de mettre fin à ses jours. Début septembre, pour fêter les vingt-­cinq ans de Points-­Cœur, nous avons organisé une journée de pèlerinage dans un sanctuaire marial. C’était un très beau moment de communion, car nous avons pu emmener plusieurs personnes et familles amies de notre quartier. Il y en avait pour tous les âges (de sept à soixante-­dix-sept ans) ! Sandra, souffrant de diabète à un stade plutôt avancé, a développé un cor à l’un de ses pieds, qui lui fait terriblement mal. Aussi, elle éprouve des difficultés pour marcher et boîte fortement. Mais elle tenait particulièrement à faire le pèlerinage avec nous. Ce jour-là, je crois qu’il s’est produit un miracle. Sandra qui d’habitude marche la tête baissée, semble être dans son monde, a du mal à s’ouvrir à nous, parle à peine, ne réagit pas à nos questions ou à ce qu’on essaie de lui dire… Ce jour-là, elle était pleinement connectée à nous ; elle était plus communicante que d’ordinaire, souriait, rigolait malgré la douleur qu’elle ressentait à son pied. Elle voulait marcher vite mais s’arrêtait souvent pendant la marche car elle souffrait. Je lui répétais plusieurs fois que l’objectif n’était pas d’arriver les premiers, que ce n’était pas une course, que je serai là pour l’aider à porter sa croix le temps qu’il lui faudra. Puis le soir, nous sommes rentrés à la maison. Nous avons mis de la musique folklorique chilienne et nous nous sommes entraînés à danser la danse traditionnelle, celle que nous dansons pour le 18 septembre, jour de la fête nationale. Malgré la douleur à son pied, Sandra a paru tellement épanouie toute la journée, je ne l’avais jamais vue aussi bien ; elle rigolait avec nous, participait, dansait, s’amusait. Pour une fois, elle n’était pas seulement présente physiquement, mais était pleinement présente avec nous, son esprit était là aussi. Le lendemain, nous l’avons revue et elle nous a dit : « La journée d’hier était vraiment parfaite, nous étions tous tellement unis ! » Pour nous, cela a été une véritable grâce de la voir sourire et rigoler car ça n’arrive vraiment pas souvent.Facebooktwittergoogle_pluspinterestlinkedin

Albane duP Volontaire au Point-­Cœur du Chili