Quand les cœurs se libèrent

Dans le quartier de Chengalpett

Guillemette est dans son dernier mois de mission à Chengalpett en Inde, elle nous présente des amis, Angeli et les enfants de la colline… cœurs assoiffées, plein de vie et de souffrances…

Angeli, notre « petite sœur »
Dernièrement, nous avons reçu Angeli pour trois jours à la maison. Cette amie qui vit au Jardin est si jeune (elle n’a que seize ans) et, à la fois, elle est déjà si mûre, si généreuse, si souriante ! Et pourtant, combien la vie l’a éprouvée… Elle, qui ne peut plus rentrer chez elle, car ses parents veulent la marier de force à un homme âgé pour éponger leurs dettes. Nous l’aimons beaucoup ! Elle est incroyable ! Nous avons passé ce temps ensemble comme si elle était notre petite soeur. Elle était enthousiaste de tout… La première dans la cuisine pour éplucher les tomates et évider la coconut. Elle est venue visiter nos amis dans le quartier comme si elle les avait toujours connus, se préoccupant de leurs difficultés. Et, avec joie, elle priait à nos côtés Dieu « qui prend soin d’elle ». Le plus beau était cette visite au Leprosery Hospital, où elle a rencontré une autre Angeli. C’est une jeune fille de dix-­‐huit ans qui a la lèpre. Après avoir quitté cette fille qui a presque son âge, souffrant de la lèpre, notre Angeli est pensive, le visage préoccupé, elle me dit : « C’est injuste. Pourquoi Dieu permet-­il cela ? » — « Peut-­être Dieu la veut-­il plus prêt de lui, parce qu’il l’aime plus particulièrement ? », lui aurait dit Mère Térésa.

Akkapasangel, nos amis du quartier en haut de la colline
Nous aimons aller visiter cette ribambelle d’enfants pleins de vie, un peu sauvages ! Ils sont livrés à eux-mêmes la journée car leurs parents travaillent et nous sautent dessus à notre venue pour jouer. Nous avons appris la triste nouvelle, le mois dernier, tout juste en rentrant de Varanasi, que ces trois enfants pétillants, Greeta, Naresh et Prakesh, venaient de perdre leur père qui s’était suicidé. L’ambiance alors est pesante, le chagrin nous prend au cœur. Quand nous apprenons la nouvelle, nous sommes sans voix, le cœur lourd. Les enfants nous invitent à partager le repas pour l’occasion. Notre présence les touche. Nous sommes discrètes, en retrait. Le lendemain, ils nous invitent à nouveau, la vie a repris. Nous jouons toute la matinée avec les enfants excités, ils ont tant d’énergie à décharger (toutes ces questions, pleurs, douleurs, angoisses…) La maman nous implore de les inviter au Jardin. Une semaine plus tard, nous les invitons au Jardin. Quelle énergie ! Quelle joie ils ont ! Ce bain d’air frais, de verdure, d’espaces… Leurs cœurs se libèrent, ils courent, jouent, dansent librement. Brother Dominic, grand oncle du Jardin, y vivant depuis quinze ans, après avoir perdu sa jambe gauche, a concocté du poulet en sauce. Il y a plus que de mesure ! Les enfants se régalent et se resservent. Ils se sentent aimés, c’est l’essentiel ! « A quand la prochaine fois ? » « On retourne bientôt à Nemeli ? » « Nemeli me manque déjà ! » Bref, la vie est belle et riche ! Nos cœurs sont remplis d’heureux évènements ici…

 

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Guillemette B. En mission en Inde