Petit à petit j’apprends à aimer

La Communauté du Costa Rica au complet !

Pauline est depuis trois mois au Point-Cœur du Costa Rica, petit pays d’Amérique centrale ou depuis un an nous découvrons de nouveaux amis, de nouvelles familles souvent brisées, déchirées. Joie et souffrance se découvrent ensemble…

Au cours des visites et, en voyant la vie du quartier, j’apprends petit à petit à découvrir ses richesses tout comme ses souffrances (parfois différentes de celles du pays en général). A plus petite échelle, je découvre, dans ma propre vie, mes dons et mes faiblesses. Il est à la fois magnifique et à la fois difficile de constater ces choses-­là.
Il est tellement douloureux de voir toute la souffrance de ce peuple, de voir les plaies telles que la drogue et l’alcool qui détruisent famille après famille. Elles sont la lèpre d’aujourd’hui : elles contaminent (car c’est en voyant qu’on imite), elles détruisent la vie et coupent de l’entourage (beaucoup de jeunes et de moins jeunes vivent dans la rue, écrasés de solitude et de culpabilité qu’ils fuient en vivant des joies éphémères et des hallucinations qu’offrent la drogue et l’alcool.) Quand cela ne suffit même plus à faire taire leur souffrance, ils voient, comme dernière alternative, le suicide (dont le taux, en ce qui concerne les hommes, est extrêmement élevé dans le quartier). Les femmes, pour la plupart, vivent un grand ennui, car elles ont des enfants très jeunes et ne terminent, donc, souvent pas le secondaire (équivalent du lycée). Il leur est, en conséquence, très difficile de trouver un travail dont la rémunération soit acceptable. Pour beaucoup d’entre elles, la vie a un goût amer car elle se déroule de façon monotone, sans épanouissement de soi.
Il est, à la fois, tellement vivifiant d’apercevoir toute la beauté et la richesse qui habitent le cœur des gens. Il est tellement beau de voir leur générosité, leur joie qui surpasse, de loin, leurs souffrances pourtant bien présentes, leur grande simplicité à se montrer tels qu’ils sont, leur confiance en nous et leur accueil, leur sens de la fête qui est une réelle célébration de la vie.

Mes sœurs de communauté sont de réels exemples, elles ont chacune des dons incroyables, tout en étant humaines, comme moi. Quand je comprends que, toute seule, je suis incapable d’aimer comme je le voudrais, cela fait mal. Mais, c’est aussi à ce moment-­là, que je demande de l’aide à Dieu et qu’il agit en moi, qu’il aime l’autre tel qu’il est à travers moi, et, faire cette expérience est magnifique.
Avec Lui, j’apprends, petit à petit, à aimer une famille que l’on connaît depuis peu. Une famille brisée, avec des parents séparés et dont la violence a toujours fait partie de la vie quotidienne. Aujourd’hui, cela fait douze ans qu’Ivan (fils âgé de vingt-­deux ans) « est tombé » dans la drogue. Il a déjà participé à de nombreux programmes de désintoxication et a été interné pendant un mois, dans un centre, en décembre ; mais rien n’y fait, la souffrance de son passé est trop grande pour qu’il soit prêt à se libérer de sa dépendance. En allant le visiter dans le centre, nous nous sommes rapprochées de sa sœur, Monica, qui est devenue une amie proche du Point-Cœur. Elle a deux enfants, Brandon cinq ans et Brittany trois ans, (voir photo) et l’on remarque très nettement que l’éducation qu’elle a reçue a des répercussions sur la leur. Je me suis vite retrouvée devant mon incapacité à aimer ses enfants, plutôt turbulents, parfois violents. Jusqu’au jour où j’ai eu l’occasion d’aller visiter, avec eux, leur grand-­père (le papa de Monica). Ce jour-­là, j’ai mieux réalisé la souffrance de cette famille. Cela a été comme une invitation à les aimer de manière plus juste, plus vraie, de leur offrir mon sourire et ma présence.

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Pauline F. Volontaire au Point-Cœur du Costa Rica