L’hôpital comme un Point-Cœur

Père Arnaud, en mission en Argentine, a été nommé aumonier de l’hôpital Dr. Ignacio Pirovano de Buenos Aires. Il découvre cette nouvelle mission à l’hôpital, « comme dans un Point-Cœur ».

L’hôpital Dr. Ignacio Pirovano, Buenos Aires

Le charisme de Points-Cœur, ce charisme de compassion et de consolation, qui se veut être une présence au sein de la souffrance à l’image de Marie présente à la croix, ce charisme vécu intensément pendant ces vingt-cinq dernières années, m’aide pour cette nouvelle expérience d’aumônier. En fait c’est plus que cela, sans le charisme je n’aurai pas tenu deux semaines. Sans la lumière du charisme, sans l’expérience vécue au sein de mes bidonvilles du Pérou et du Brésil, je crois que j’aurai un mal fou à poursuivre. En effet, je considère mon hôpital comme mon bidonville de la Ensenada, celui de ma première expérience Points-Coeur, de 1996 à 1998 au Pérou. Ce village était divisé en quartiers (Cesar Vallejo, Virgen del Carmen, Señor de los Milagros…) où l’on accédait par des routes. Eh bien mes nouveaux quartiers s’appellent désormais: UTI, Oncoematologia, guardia (les urgences), infeciologia, clinica, traumatologia, gyneco, unidad coronaria, neurologia, neonatologia, etc. et ils sont reliés entre eux par un grand couloir central : c’est ce couloir que j’appelle « la rue ».

De fait, comme c’est un hôpital public on y croise de tout : le personnel qui s’active (que j’apprends à reconnaître avec les couleurs des blouses : bleu = manutention, rouge = nettoyage, blanc = médecin, autre = infirmier…) mais aussi les personnes qui viennent en consultation (et leur famille), des enfants qui courent (des pigeons aussi qui rentrent et sortent par les portes et fenêtres ouvertes), des colporteurs, des personnes de la rue… Et donc dans cette « rue », je fais comme à Lima, je pars visiter un « quartier », par exemple Urologie, et je reste disponible pour saluer le maximum de gens et me rendre disponible à qui m’interpelle : parfois un membre du personnel soignant (« Hola padre como le va? »), ou d’autres services (vigile, policier pompier…) parfois un malade (« Bonjour Julia et alors ce traitement cela avance ? », « Buenos dias Alberto, et ton opération finalement c’est pour quand ? », « Hola Juliana, tes enfants sont venus te voir aujourd’hui ? ») Parfois une des nombreuses (c’est surtout des femmes) volontaires de Caritas ou de Schoenstatt : « Padre, il faut passer voir Gladys de la 404 : elle a un cancer métastasé, on n’est pas sûr qu’elle sera encore là demain. » Et donc je reviens sur mes pas pour aller chercher les huiles… et l’Urologie attendra.

Aujourd’hui, j’ai dépoussiéré le nécessaire pour l’onction des malades que j’avais acheté après mon ordination en 2007 et dont je ne m’étais pratiquement jamais servi… Désormais c’est un fidèle compagnon de voyage, je crois avoir donné plus d’onctions des malades en un mois qu’en onze années de sacerdoce.

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P. Arnaud de M. Prêtre en mission en Argentine