L’heure où le cœur s’ouvre…

Sylvie, Shannon, Van et Marta. Le Point-Cœur de Sendai

Cinq ans de visite pour qu’un soir le cœur se confie. Au Point-Cœur du Japon, le temps a besoin de temps…

Comme vous le savez, plusieurs fois par mois, nous servons des repas aux sans-­abris de la ville de Sendai. Nous avons commencé à y participer dès notre arrivée au Japon. Cela fait donc cinq ans que nous y sommes fidèles et, petit à petit, une amitié est née avec plusieurs personnes, aussi bien volontaires que bénéficiaires. Je pense en particulier à notre ami Monsieur Atsuki (le nom a été modifié). Il parle espagnol et un peu anglais. Par sa posture et son désir de communiquer, nous avons tout de suite compris que c’est un homme éduqué et ouvert aux étrangers. Avec le temps nous avons appris qu’il est ingénieur spécialisé dans l’étude des écrevisses. Sa spécialité l’a fait voyager longtemps en Amérique du Sud, en particulier en Colombie, mais aussi au Mexique. Récemment, et pour la première fois nous l’avons invité (avec Shannon -volontaire- et un couple ami) au restaurant. Pour faire danser ses papilles gustatives (et les nôtres aussi, au passage) nous sommes allés dans un restaurant mexicain. Cela faisait plusieurs années qu’il n’avait pas mangé mexicain et, naturellement, avec l’aide d’un petit mojito, les souvenirs refont surface. Les histoires se croisent et ne finissent pas. C’est alors qu’il nous raconte que sa femme est Colombienne et qu’avec ses deux enfants, elle habite à New-­York… déchirement de ne pas être avec eux, de ne pas les voir grandir… d’être dans le besoin, ici, à Sendai. Que s’est-­‐il vraiment passé ? Nous n’en saurons pas plus pour l’instant. Cela fait cinq ans que nous nous connaissons, c’est une révélation pour nous. La soirée se finit autour d’une glace et d’un café, à nous raconter où trouver le meilleur thé Japonais, sa culture, sa récolte et comment le servir. Nous nous séparons sur le parvis du restaurant ne sachant pas si, ce soir, il retournera dans sa tente alors que la température est négative et le sol gelé après des chutes de neige… Chacun repart de son côté. Avec Shannon, nous voulons prendre le bus, comme il n’arrive que dans une demi-­heure et qu’il fait froid, nous commençons à marcher. Nous marchons plus d’une heure, sans vraiment nous en rendre compte, à partager nos émotions de la grandeur de notre mission et du mystère-­‐miracle qui vient juste d’avoir lieu… Mystère de l’amitié qui ouvre les cœurs et redonne courage et vie. Cette expérience fut, je pense et l’espère, toute aussi belle et profonde pour lui que pour nous ! Finalement le bus nous rattrape à deux stations de notre arrêt mais nous décidons de finir le trajet à pied, en priant le chapelet. Soirée mémorable et pleine de sens ! Comment notre simple présence redonne dignité, passion et vie.

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Sylvie M. En mission au Point-Cœur de Sendai