L’exigence de l’amitié : Zulema

Zulema et sa lettre pour sa fille

Diane est depuis un mois et demi au Point-Cœur de Montevideo en Uruguay. Zulema est sa première rencontre, sa première traversée du quartier et le début d’une belle amitié.

J’aimerais vous présenter plus particulièrement une amie, Zulema. Le jour de mon arrivée, je n’étais même pas encore entrée dans la maison qu’elle me prend par la main, et m’emmène dans sa rue, la Costanera. C’est la rue la plus pauvre du quartier, où la plupart des maisons sont faites de tôles et de planches, et où les ordures jonchent le sol. Zulema marche d’un pas ferme malgré sa hanche qui la fait fortement boiter. Elle n’a plus qu’un œil mais celui-­‐ci suffit à lui donner un regard pétillant et farceur : « J’espère que tu vas aimer notre quartier », me lance-­‐ t-­‐elle avec son grand sourire. Elle me montre sa maison (qui n’atteint pas les dix mètres carrés !) et me présente à tous les gens qui sont assis, là, devant leurs maisons. Zulema me fait penser à une petite fille, elle absorbe toute l’affection qu’on peut lui donner et en demande toujours plus. Un jour que nous étions allés la visiter avec Alexis, celui-­‐ci entreprit de passer un coup de balai pour enlever quelques-­unes des innombrables toiles d’araignées qui parcouraient les tôles de son plafond. Ce même jour, elle nous donna à chacun deux petits jouets qui trônaient comme « bibelots » dans sa maison. A la fin de la visite, je repartis sans mon nouveau jouet, n’ayant pas le cœur de lui retirer le peu qu’elle possédait. Mais ce fut une bien grande erreur de ma part… Le lendemain, Zulema arriva en pleurant à la maison, blessée par le fait que nous ayons trouvé sa maison sale (puisqu’Alexis avait voulu faire le ménage) et que nous ayons dénigré les cadeaux qu’elle nous avait faits ! Bien-­‐sûr, de notre côté nous n’avions pas vu les choses de cette façon et, en aucun cas, nous avions voulu la blesser, mais à ce moment-­‐là je me rendis compte de notre maladresse… Un autre jour elle arriva à la maison, toute triste : « J’ai plus envie de vivre… de toute manière pour qui je vivrais ? » Elle ajouta qu’elle voudrait se couper les veines. Désemparée, je ne sus que lui répondre, seulement que, oui, ça doit être bien dur d’être délaissée par sa famille, mais que nous, nous l’aimons, qu’elle est notre amie et que nous avons besoin d’elle et surtout qu’elle a du prix aux yeux de Dieu. Nous décidons de l’aider à écrire une lettre à sa fille sur un petit bout de papier, qu’elle n’enverra sans doute jamais, mais qui lui redonne ainsi l’espérance d’avoir des nouvelles en retour. Comme Zulema ne sait pas écrire, je lui dicte et lui montre le modèle de chaque lettre qu’elle copie soigneusement. Après plus d’un heure de discussion et de réconfort, après avoir bu un thé et versé des larmes devant Jésus à la chapelle, Zulema repart avec son grand sourire. Ainsi est Zulema, une grande amie au cœur d’enfant, mais dont l’amitié ne laisse passer aucun oubli, aucun faux pas et nous rappelle sans cesse à notre rôle de missionnaire.

Anniversaire de Gladys à la maison : Dominika, Mathilde (fond g.), Bernardo, Diane et Gladys

 

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Diane dLR Volontaire en mission à Montevideo