Lever les yeux… pour voir le cœur !

Tout est nouveau quand on arrive en Thaïlande, pays si différent de la Belgique d’où vient Lucie. Alors le regard s’éduque à la nouveauté et les rencontres sont précieuses pour découvrir la beauté de cette réalité.

Lucie, Allen et des enfants devant le Point-Cœur de Bangkok

C’est une expérience assez déstabilisante d’arriver dans un quartier aussi dépaysant que le nôtre et de plonger directement au cœur de la réalité de ses habitants. Je me souviens d’une phrase que j’avais lue d’une ancienne volontaire en Thaïlande. Elle écrivait : « A première vue, les choses ne sont pas belles, mais elles ont une beauté cachée. Cette vie m’a appris à voir Dieu dans les petites choses ». Cette phrase me touche beaucoup, car elle m’invite à adopter une attitude de « chercheur de Dieu » dans ce quartier. Même si beaucoup de choses me font encore peur dans ce nouvel environnement (odeur, animaux, bruit, langue incompréhensible, etc…), j’essaie de chercher constamment des petites lumières dans ce labyrinthe de soi (ruelle en thaï). Pour vous donner une anecdote concrète, durant les premiers jours, lorsqu’on se déplaçait dans le quartier, je marchais toujours en regardant uniquement mes pieds (de peur de croiser un animal ou n’importe quel autre obstacle). Progressivement, je me force à lever les yeux en marchant et à chercher de belles choses dans ces minuscules soi : le regard d’un enfant qui passe, la dextérité des vendeurs de nourriture qui déambulent en moto, les (très nombreuses) photos du roi qui montrent la fierté des Thaïlandais pour leur pays, etc… Cette invitation à élever mon regard est un vrai enseignement pour toute ma mission. À première vue, la réalité n’est pas belle, c’est vrai, mais j’essaie d’aller au‐delà de cette première impression et de chercher activement le trésor plus grand qui se cache dans le Cœur de ses habitants.

Lung Sattapom et Lucie

J’aimerais vous partager ma rencontre avec un ami que j’apprécie beaucoup, Lung Sattapom. En trois semaines, j’ai déjà eu l’occasion de le visiter plusieurs fois puisqu’il réclame nos visites de manière assez insistante (en nous appelant plusieurs fois, chaque jour, au téléphone !) Suite à un accident, il a perdu la motricité de la moitié de son corps, du côté gauche. Chaque jour, un membre de sa famille l’amène avec sa chaise roulante dans le Sanam du quartier (un genre de terrain de basket). Il passe la journée là, à regarder les gens qui passent et à s’exercer en essayant de marcher. Il a une persévérance incroyable pour essayer de garder la forme ! Et il ne cesse de nous dire, qu’avant l’accident, il était beau et sportif ! Ce qui me touche beaucoup chez lui est son attitude fière et polie avec nous. Certes, il a une pauvreté physique évidente mais, en dehors de cela, je le vois vraiment comme un grand monsieur ! Il a un beau langage (je le sais par les traductions de mes sœurs de communauté, c’est le premier thaï du quartier que j’entends utiliser la forme polie que j’ai apprise à l’école), il fait preuve d’une grande patience pour essayer de comprendre ce que j’essaie de lui dire en thaï, il a des conversations intéressantes et pleines de sagesse, et puis, je trouve qu’il a un regard magnifique.

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Lucie M. Volontaire en mission à Bangkok