L’école de l’amour

Depuis quatre mois que Maïlys est à Dakar, sa mission se déploie avec les enfants qui sont nombreux à venir au Point-Coeur. Avec deux nouveaux petits voisins, l’école de l’amour commence un autre chapitre.

Mailys, Marcia et Geraldinou

J’apprends à aimer chaque enfant en comprenant leur culture et leur éducation. Maintenant, après la folie de l’arrivée et la fin des fêtes, je peux prendre un peu de temps avec chacun d’entre eux. Le matin, ils toquent à la porte, espérant être acceptés à la maison pour cuisiner avec celui qui est de permanence ou boire un verre d’eau, faire un peu d’adoration avec nous, ou se faire soigner un bobo imaginaire. Ils sont parfois refusés pour pouvoir garder dans la maison un certain calme. Mais, ils restent devant la porte pour surveiller nos allers-retours et nous lancer des « Invites-­moi ! ». Heureusement, nous ouvrons la porte l’après-­midi pour jouer avec eux. Je pourrais vous parler des moments vécus avec Alfonse, Awa petit, Julica, Compeli, Kiki, Helene, Mohamed, Jaques… Mais, je vais vous parler de ces deux petites têtes fraîchement arrivées dans le quartier :
Marcia, sept ans, et Géraldinou, trois ans, sont arrivés dans la maison voisine du Point-Cœur mi-novembre. N’allant, tous les deux, pas à l’école, ils restent seuls dans la rue toute la journée et Marcia doit s’occuper de plusieurs tâches ménagères. Il nous a fallu plusieurs semaines pour approcher Géraldinou qui avait une grande peur des toubabs (en wolof « blancs et riches »). Pendant une semaine, même à cinquante mètres, en nous voyant, il courait jusqu’à chez lui en pleurant. Jour après jour, nous avons réussi à l’approcher, à lui parler, à lui tendre la main pour dire bonjour puis, à le prendre dans nos bras. Marcia a aussi pris un petit mois à apprendre le wolof et comprendre les quelques mots que nous connaissions. Aujourd’hui, ils courent tous les deux depuis l’autre bout de la rue pour nous sauter dans les bras. Je me souviendrai toujours du premier chapelet de Marcia, qui est restée figée de peur, quand on lui a demandé pour qui elle voulait prier. Elle a bien progressé depuis et, aujourd’hui, elle récite la prière en français et wolof d’une voix forte. Restant toute la journée dehors ou chez eux, seuls, ils passent beaucoup de temps chez nous. Marcia m’enseigne l’amour ! Haute comme trois pommes, elle s’occupe de son petit frère, le nourrit, l’accompagne aux toilettes, le rhabille avec une grande patience et un amour infini. Et, on peut lire dans les yeux de Géraldinou une grande reconnaissance et une envie de devenir comme sa sœur en imitant chacun de ses gestes ! Un mois après, Marcia a bien développé son petit caractère et s’intègre dans le quartier. Géraldinou, qui ne comprend pas le wolof et encore moins notre français, nous sourit toujours, même dans les moments où nous lui donnons un ordre. Il a un grand besoin d’amour, alors il profite, à chaque fois qu’il nous voit, pour sauter dans nos bras et nous faire un gros câlin. C’est par ces petites rencontres de tous les jours que je me rends compte que ma mission au Point-Cœur va m’apprendre à aimer et à être aimée. Ils ont beaucoup de choses à m’enseigner. Pas facile de savoir aimer avec un cœur d’enfant.

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Maïlys H. En mission à Dakar