La violence des enfants

Benjamin est au Point-Cœur d’Equateur et les enfants ne sont pas toujours des anges. Quelle réponse à cette violence qui peut les habiter ? Celle de la fermeté, mais surtout de l’amour ferme !

Yeikos, ce petit ami d’Equateur !

Un jour on invite une amie à cuisiner avec nous, elle a dix-­sept ans. Elle était un peu mal à l’aise au début : normal, c’était la deuxième fois qu’on la voyait. Enfin bon, on discute, on rigole encore plus, arrivés dans notre maison ! Cette maison Point-­Cœur, ils la connaissent bien, ils se sentent libres ici, en paix. Ils ne nous connaissent pas, nous, mais ce dont nous faisons partie ! C’est très beau de voir à quel point ils se sentent en confiance, beau de pouvoir être acceptés et aimés si rapidement, d’entrer dans des amitiés déjà fondées ! Je me rends compte que je fais partie de quelque chose de bien plus grand. Cette fille-­là nous l’a fait découvrir bien plus concrètement. Durant le repas, on rigolait sur le fait que les enfants sont terribles parfois. Jusqu’à ce qu’elle dise : « C’est vrai, depuis qu’on est petit, on vient au Point-­Cœur avec ma sœur, on venait ici parce qu’on savait qu’on pouvait trouver quelqu’un qui nous aime ! C’est vrai, parfois, on voulait s’amuser, on chahutait pas mal… c’était juste un jeu pour nous, pour attirer l’attention. C’est dur de vivre dans le quartier, de rentrer chez soi et d’entendre crier sa mère : « T’étais où ?? File dans ta chambre !! », ou de la voir pleurer par votre faute. Ça fait vachement mal ! Les enfants qui viennent ici, ils me font vraiment de la peine, les parents ne s’occupent pas d’eux… Faites-­leur des câlins, à ces enfants, donnez-­leur de l’affection, ils en ont tant besoin ! » Personne n’a répondu… Je me suis senti bête d’avoir rigolé de ces enfants et, en même temps, tellement chanceux ! Parce qu’on a eu la chance de voir le fruit de notre mission et à quel point elle est importante ! Elle nous a donné envie de donner trois fois plus à ces enfants qui sont si nombreux à venir chez nous ! Ces enfants… C’est si triste de voir comme ils sont souvent délaissés… Je vois parfois un enfant d’un an qui marche tout seul dans la rue, personne n’a l’œil sur lui pour voir s’il ne lui arrive rien. Quel dégât est causé sur un enfant que personne n’éduque, dont personne ne s’occupe de voir s’ils sont bien habillés, propres, à qui personne ne dit qu’ils sont aimés… Je les aime, ces enfants ! Ils sont beaux ! Ils ont une vie dure, mais ils ont une telle joie !

Yeikos, cet enfant qui me faisait des doigts d’honneur, cet enfant, c’est l’exemple d’un enfant délaissé… On ne peut pas non plus laisser ces enfants faire ce qu’ils veulent, nous insulter, nous lancer des pierres à la figure, il faut bien leur montrer les limites si personne ne leur apprend… J’ai essayé de parler avec lui. Evidemment, il s’est mis à se boucher les oreilles, à crier, m’insulter, se débattant quand je l’ai sorti de la maison… « Tu reviendras quand tu auras dit pardon !! » Il revient un peu plus tard avec l’œil rouge demandant qu’on le soigne… Je le laisse entrer un peu énervé contre lui, nettoie son œil. « C’est bon ça va mieux ? — Oui ! Donne-­moi de l’eau ! — Il manque quelque chose non ? » (J’attendais un s’il te plaît !) Et là, il me saute dans les bras et me fait un énorme câlin… Quelques semaines après, il passe devant moi en disant : « T’es maudit ! T’es maudit ! T’es maudit ! » Plus tard, je vais lui parler pour lui dire : « Pourquoi tu m’as dit ça ? Ce n’est pas beau… — Je vais aller en enfer… — Pourquoi tu dis ça ? — Parce que je ne suis pas sage, je me comporte comme quelqu’un de mal élevé… Personne ne m’aime… — Si, moi je t’aime ! — Non tu ne m’aimes pas… seulement ma maman… J’aurais voulu vivre avec vous… — C’est pas possible… C’est chez toi que tu dois vivre, mais notre maison sera toujours là, tu n’auras qu’à frapper à la porte et on sera là ! Parce qu’on t’aime ! — Moi aussi je vous aime… » Il a six ans. Cette phrase, « J’aurais voulu vivre avec vous », m’a démuni. Parce qu’il voit que la compassion et l’amour vivent en nous. J’espère qu’il comprendra que tout cela est purement l’œuvre de Dieu ! Que l’on est juste instrument de sa grâce. Priez fort pour tous ces enfants…

 

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Benjamin D En mission en Equateur