La question à laquelle tout missionnaire tend…

Sylvie est en mission au Japon depuis la fondation du Point-Cœur à Sendai, il y a sept ans. C’est un challenge d’être missionnaire dans un pays où le christianisme est tellement minoritaire…  Et pourtant…

La communauté du Point-Cœur de Sendai : Diem, Thuy, Alejandra et Sylvie

Depuis plusieurs années, déjà, un ami nous procure, de temps en temps, des tickets pour aller voir l’équipe locale de baseball. Sport populaire et très aimé au Japon. Yamachan est un homme très gentil et serviable. Il promène les touristes avec son vélo taxi à Matsushima, une ville touristique en bord de mer, à quelques kilomètres de Sendai. S’y connaissant en vélo, il a commencé à venir à la maison pour les réparer. Nous l’invitons à partager nos repas et, très vite, une confiance s’installe. Il se sent libre au Point-Cœur et ses visites se rapprochent les unes des autres. Il sait que nous sommes catholiques et se joint à nos temps de prière de temps en temps.

Un matin, autour d’un café, nous parlons de notre vieille voiture et du fait que je dois passer le contrôle technique, en espérant qu’après, tout ira bien pour les deux prochaines années. Puis, il me regarde et dit : « Sylvie, tu n’as pas d’argent, tu ne t’habilles pas bien (MERCI !), ta voiture est vieille, ta maison aussi (que nous louons) et pourtant, tu souris et tu es heureuse. Pourquoi ? ».

Pourquoi cette question qui vient du fond du cœur, tel un appel à l’aide, ayant le même désir de bonheur ? Pourquoi ? À moi maintenant d’y répondre et d’y répondre bien. L’occasion ne se présente pas souvent, son cœur est ouvert, avide de vérité et à l’écoute. Tous ces cafés bus, ces repas pris en parlant de la pluie et du beau temps, tels un germe que l’on ne voit pas durant un long laps de temps. Et voilà, la question à laquelle tout missionnaire tend sans la forcer et, avec douceur, il me revient d’y répondre. Je lui parle de LA Rencontre qui a bouleversé ma vie et mon cœur, de la grande miséricorde du Christ qui rend libre et de la joie qui en découle. Et je l’invite à aller à l’église. Une première pour lui. Il est attiré par cette boîte et cette lumière rouge. Il dit qu’il sent la paix et une présence. OUI, LA Présence de Celui qui l’attend depuis tant d’années, en silence. Nous rentrons à la maison et, après un long silence, il dit : « Et si dans deux ans, je demande le baptême ?… ». Tout comme la voiture, il a besoin d’une grande révision, de changements de pièces dans sa vie.

Aujourd’hui, Yamachan va au cours de catéchisme pour adultes tous les vendredis soirs. Il y rencontre d’autres Japonais qui, tout comme lui, sont à la recherche de la Vérité, sont attirés par quelque chose de plus grand et viennent pour le rencontrer. Beaucoup ne se rendent absolument pas compte du changement de cap qui les attend, du Bonheur qui leur est proposé… Yamachan n’a pas encore demandé le baptême, mais la semence a été semée.

Nous ne la voyons encore pas, peut-être qu’un autre la récoltera mais cela n’appartient qu’à Dieu. En tous les cas, pour moi, à travers cette histoire, je me rends compte de l’importance de la présence toute simple, de l’importance de la fidélité dans l’amitié, de la prière de chacun. Il est de notre responsabilité de répondre à ces questions du pourquoi. Très souvent, nous le faisons sans paroles, mais à travers le témoignage de notre vie. Je suis heureuse d’avoir pu être un instrument de la Providence.

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Sylvie M. Membre permanent de Points-Cœur au Japon