Joie et tristesse dans l’amitié

Marguerite nous présente des amis de Manille. La joie de nos amis émerveille, la tristesse ne peut se partager que dans l’amitié.

Marguerite, Franceneil, Bunso, bebe-­o et leur maman

Je souhaite vous partager la première amitié que j’ai eue ici. Kuya Benito habite chez les Missionnaires de la Charité. Grace à son état de santé qui s’est amélioré, il a été renvoyé dans sa famille en janvier. Je ne me souviens plus de son âge, peut-­être la soixantaine. Son anglais courant m’a permis de bien parler avec lui, dès le début de ma mission. Il a toujours l’air joyeux. Ses jambes et pieds gonflés ne l’empêchent pas de rendre service à tout le monde, distribuant les repas aux infirmes et aidant à nettoyer. J’ai passé beaucoup de temps à rigoler avec lui, il voulait toujours que je lui en dise plus sur moi et ma mission. Quelques rares fois, il me confiait qu’il se mourait et qu’il avait peur de perdre la tête. Ces mots étaient difficiles à croire, tellement il était souriant et serviable. A travers cette amitié toute simple, je n’ai cessé de contempler la force de Kuya Benito, qui ne laissait jamais son sourire s’effacer et qui, malgré ses propres souffrances, n’a jamais cessé de placer les autres avant lui.
Ate Louisa était également une résidente des Missionnaires de la Charité. Cela faisait deux jours qu’elle était arrivée quand je l’ai visitée. Atteinte d’un cancer du sein, elle était accablée de douleur et de tristesse. J’ai passé la plupart de mes visites à lui tenir l’épaule alors qu’elle pleurait. Il est si difficile de réconforter une personne qui souffre autant. Tout ce que j’ai pu lui donner était mon écoute. Cela lui suffisait. C’était même ce dont elle avait le plus besoin. La dernière fois que je l’ai vue, elle me remerciait de tout cœur pour notre amitié. Ses paroles m’ont extrêmement touchée. Elle s’est éteinte en février.

« Under the bridge » est un apostolat où j’aime beaucoup aller. Plusieurs familles avec de nombreux enfants vivent en contrebas d’un pont, dans des maisons improvisées, faites de planches et de toiles. Nous y venons régulièrement pour jouer avec les enfants aux Mikados et au Memory. Les parents sont impliqués dans le trafic de drogue, ce qui a causé la fuite de plusieurs familles, pourchassées par la police. Il y a un mois, il ne restait plus que deux familles. Maintenant, il n’y en a plus aucune. Parmi les quelques enfants qui restaient, Angelo et Dandan, deux frères, rayonnaient particulièrement. Leur mère étant en prison, c’est leur grand-­mère qui s’occupe d’eux. Malgré leur enfance bien difficile, ils gardent constamment un IMMENSE sourire. Dandan est du genre excité, il est sans cesse en train de courir en rigolant. Quand je lui dis que j’en ai marre de le faire monter et descendre du muret pour la vingtième fois, il court ailleurs trouver un nouveau jeu. Angelo est moins turbulent et c’est incroyable de le voir jouer au Memory en montrant toutes les réponses à ceux qui jouent avec lui au lieu de garder les paires pour lui. Comment de si petits corps peuvent contenir autant de joie ?

 

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Marguerite dLaF En mission à Manille