En Inde, on ne peut pas vivre l’expérience à moitié !

Indian traffic !!

Depuis peu au Point-Coeur de Chengalpett, Guillemette décrit cette expérience haute en couleurs, saveurs, rencontres et nouveautés…

L’Inde est un pays qui nous prend aux tripes, on ne peut pas vivre l’expérience à moitié : cette nourriture épicée qu’on mange avec les doigts, ces saris colorés que portent les femmes, les klaxons et vendeurs à la sauvette qu’on croise partout dans la rue. Je me souviens de ce jour où mes sœurs de communauté sont venues me chercher à l’aéroport. Nous négocions en tamoul la course pour 1300 roupies (environ vingt euros pour 1h de route) et nous voilà embarquées : il est 5h de l’après-­midi, heure de pointe, et nous nous embarquons à soixante kilomètres à l’heure, sur cette route endiablée. Motos, rickshaw, bus, voitures et camions se dépassent et s’emboîtent sans foi ni loi. Une seule règle prône : klaxonner plus fort que ses voisins pour se frayer un chemin ! Nous dépassons une moto avec le papa et ses deux enfants à califourchon, derrière la maman, assise en amazone tenant son dernier enfant par le bras. Ici, l’essentiel c’est de se déplacer, plus on est nombreux mieux on se porte! Malgré tout, dans ce « capharnaüm », les Indiens sont sereins. Oui, les Indiens ont foi en la vie. C’est sûrement parce qu’ils ont une foi évidente en l’existence de Dieu, qu’ils soient hindous, chrétiens ou musulmans. Ils acceptent aussi leur sort, leur pauvreté ou leur vie monotone comme ils sont, avec une grande humilité. Sans doute du fait de l’hindouisme bien ancré : si on vit bien sa vie, on a des chances de se réincarner dans une meilleure condition. Dans l’avion, mon voisin (jeune étudiant de New Dehli) me disait : « Just relax and trust in life ». C’est leur lâcher prise, allant parfois jusqu’au laisser-­aller (qui peut nous surprendre car nous avons tendance à vouloir agir pour changer les choses !) Mon autre voisin dans l’avion, un gourou dans la tradition hindou, voyageant avec pour seul bagage un sac en toile et une couverture, me disait : « Tu verras, c’est le “syndrome indien”. Soit on aime, soit on n’aime pas. Mais, quoiqu’il en soit, on en revient transformé… » Ce qui est étonnant dans cette culture c’est que chacun a un rôle bien défini. C’est le fait des castes qui définit le métier que l’on exerce… Ainsi, nous sommes allées acheter mes nouveaux vêtements, des tchulidads (tuniques colorées portées par les femmes indiennes). J’ai cette chance de m’habiller à l’indienne ! Ça nous est d’ailleurs très important : ainsi nous nous immergeons pleinement dans la culture et partageons la vie de nos amis. A l’entrée du magasin, un homme a pour rôle de mettre en consigne nos sacs. A chaque étale, plusieurs vendeurs viennent nous conseiller et on ne peut descendre sans qu’un accompagnateur indien ne vienne récupérer nos emplettes pour les descendre à l’étage inférieur. Une fois les tissus achetés, direction le tailleur qui va coudre mes nouveaux vêtements. Notre amie couturière est incroyable par sa joie de vivre, même si je ne comprends pas la langue, son sourire et son regard pétillant communiquent bien plus. Dans sa boutique de deux mètres carrés elle reçoit les clients, coud, garde ses enfants après l’école… Malgré la simplicité de sa vie, elle se réjouit de ce qu’elle a ! Je vous partage ma joie d’avoir maintenant mes tchulidads prêtes, elles sont magnifiques ! Notre amie a ce sens du détail, les mesures sont prises à la perfection !

Les « sisters » du Point-Coeur de Chengalpett

 

 

 

 

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Guillemette B. Volontaire en mission au Point-Coeur de Chengalpett