Hôpital Cardito, où la présence répond à la souffrance

Le Points-Cœur d'Afragola, P.Rapahël, Elodie, Ewzlina, Sixtine, Anna, Mathilde

Le Points-Cœur d’Afragola, P.Raphaël, Elodie, Ewzlina, Sixtine, Anna, Mathilde

A Naples, Elodie a commencé sa mission, venant tout droit de l’Ile Maurice. Elle nous présente Loredana et Eugenia qui vivent à l’hôpital psychiatrique de Cardito que le Point-Cœur visite toutes les semaines.

Chaque mercredi, Mathilde et moi allons faire des visites dans l’hôpital psychiatrique de Cardito, une petite ville à côté d’Afragola. Je ne vais pas vous cacher, qu’aller dans cet hôpital n’est certainement pas la chose la plus facile de ma mission. Et pourtant, c’est la visite que j’attends le plus, chaque semaine. La première fois que j’y suis allée, j’en suis ressortie toute bouleversée. Les patients sont enfermés entre quatre murs, il n’y a rien de prévu pour occuper leur journée. La salle de repos est grande, mais il n’y a que quelques chaises et une table. Toutes les chambres se ressemblent, aucune personnalisation. Les conditions sanitaires ne sont pas tellement au rendez-­‐vous, deux chiens errent dans les couloirs, les patients fument à l’intérieur même du bâtiment et les mégots sont jetés à même le sol. Cet apostolat nous montre vraiment le vrai but de notre mission, notre simple présence est nécessaire pour chaque patient. En effet, lors de la semaine sainte, nous n’avons pu y aller, et, la semaine suivante, nos amis nous disaient : « Pourquoi vous n’êtes pas venues la semaine dernière ? Je vous attendais. » Nous sommes souvent la seule visite que ces patients reçoivent. Nous y avons plusieurs amis : Carmella, Aldo, Eugenia, Gaetano, Loredana, Patricia, Maria et tant d’autres. Mais aujourd’hui je voudrais vous présenter deux d’entre eux. La première, c’est Loredana ; elle doit avoir une quarantaine d’années, toujours vêtue d’un pantalon large et de chaussures trop grandes pour elle, mais dans lesquelles elle se sent à l’aise. Elle ne parle pas bien, on ne comprend pas toujours ce qu’elle dit, mais notre simple présence auprès d’elle lui fait tellement de bien. Elle est toujours la première à nous accueillir, avec un grand sourire. Lors de ma première visite, c’est elle qui m’a accueillie. Elle ma prise par la main et m’a emmenée près de « sa » chaise. Elle est toujours assise sur cette chaise, en face de la porte qui donne sur le bureau des infirmiers. Lorsque je m’éloignais un peu d’elle, elle me ramenait toujours près d’elle. Je me souviens encore de la tendresse dans ses yeux, lorsqu’elle a plongé son regard dans le mien, et m’a dit : « Mamma », puis a baissé la tête et s’est mise à rire. Chaque fois que nous la voyons, il y a un jeu que nous faisons avec elle, pour la distraire un peu. C’est un jeu tout simple mais qu’elle aime beaucoup : deviner les couleurs des vêtements, des chaussures, des choses qui l’entourent.
Et puis, il y a Eugenia, une vieille ukrainienne. Le 28 mars, nous allions à sa rencontre pour la première fois. Elle était là, assise dans un fauteuil roulant, au milieu de sa chambre. Lorsque nous entrons dans la chambre, elle nous regarde, et, un sourire se dessine sur son visage. A travers ses yeux bleus, on voit bien la souffrance dans laquelle elle vit. Toute sa famille est en Ukraine, ses enfants ne prennent plus de ses nouvelles, sa maison a brûlé il n’y a pas si longtemps ; elle est seule en Italie, dans cet hôpital. Depuis notre première visite, elle nous attend, chaque semaine, avec son plus beau sourire.

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Elodie dA. Volontaire au Point-Cœur d'Afragola