De visite en visite, les cœurs s’ouvrent petit à petit

Au cœur de la vie du quartier, de la vie de nos amis, de la vie du Point-Cœur de Naples… joies et consolations que découvrent Alice.

C’est le cœur de l’hiver à Afragola, le sommet du Vésuve est enneigé, et avec ce froid les rues sont bien calmes… un vrai temps de samedi saint ! Mais entre la prière, les visites, et la vie communautaire… cela non plus, cela ne nous arrête pas.
Notre communauté grandit avec l’arrivée d’Alberto (espagnol) et Michael (polonais) en mars. Et bientôt partira Evelina… difficile après deux ans ! Mais la présence de Point-Cœur auprès d’un peuple dépasse l’expérience seulement personnelle : certains sèment, d’autres récoltent, et tous les jours nous cultivons les liens de confiance et d’amitié !

Astrid en visite dans le quartier d’Afragola, Naples

Je m’étonne toujours avec quelle justesse les Afragolais perçoivent le sens de notre mission. Nos visites sont toutes simples : nous arrivons toujours à l’improviste, et au nom de Punto Cuore, la porte s’ouvre. La mamma nous reçoit tranquillement, comme sa propre famille, souvent dans un tout petit appartement. Nous nous asseyons autour de la table, qui est comme le centre de la maison. Le temps que le caffè de la machinetta monte, nous racontons nos nouvelles, nous rions de petits riens. Puis la mamma vient s’asseoir avec nous, et d’une voix plus basse nous confie souvent ses préoccupations… La semaine dernière, P. nous a demandé de passer chez elle. Son gendre a de lourds problèmes qui pèsent sur toute la famille, et elle avait besoin d’en parler, d’en pleurer. C’est toujours incroyable, ces dames qui ont vécu tant de choses, de se laisser consoler par deux jeunettes et étrangères comme nous… quelle preuve d’humilité !
Il y a V. aussi, qui nous ouvre son cœur petit à petit. Blessée dans son passé, elle a peur des relations humaines, n’ose pas sortir de chez elle hors de son travail. Nous sommes sûrement les seules à qui elle se confie… Quelle responsabilité de se savoir, pour certains, les seuls signes de consolation !
Nous allons comme ça, deux par deux. Nous veillons à être particulièrement présents lorsqu’un ami traverse une épreuve, mais la plupart du temps nous sommes tout simplement présents dans la vie quotidienne. Quand il y a des enfants, l’une de nous joue avec eux ou aide aux devoirs. Nous nous intéressons à leur famille, leurs histoires… à eux ! Nous fêtons les anniversaires et les onomastico (fête du saint), comme une manière de dire : tu es unique, et tu comptes pour nous. C’est une chose très importante surtout pour notre amie E. C’est une femme très simple, qui vit avec son père. Son anniversaire, son onomastico et la corrida (le concours de chant de la paroisse, dont elle a gagné cette année la coupe) sont les trois moments dans l’année qu’elle attend, dont elle parle sans cesse et se souvient. Les joies minuscules remplissent les cœurs simples.

 

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Alice A. Volontaire au Point-Cœur de Naples