Comme un petit garçon…

Arrivé depuis peu à Athènes, Simon se découvre comme un petit garçon devant le concrète de cette nouvelle réalité, de cette mission et de ces premiers pas en communauté…

Anaïs, Adélaïde, Mr James, Simon

Cela fait maintenant un peu plus de trois semaines que j’ai atterri à Athènes sous une pluie battante (douce ironie météorologique), mais avec le sourire aux lèvres bien-­sûr ! Car c’était un réel bonheur d’entrer enfin dans cette ville et dans ma mission. Tout devenait concret. Dans ce bus qui m’emmenait vers le Point-­Cœur, par exemple, alors que je voyais défiler partout cette langue grecque que je ne déchiffrais pas encore, je souriais toujours en me disant : « Ah oui, là c’est très concret ! » Bien chargé, je suis finalement arrivé au Point-Cœur, ou plutôt à la « Maison du Cœur » (Spiti tis Kardias). Ce soir-­là et les jours qui ont suivi, j’étais accueilli non pas comme un nouveau volontaire, mais comme un frère. Un frère de communauté, nouveau membre de cette petite famille du Point-­Cœur d’Athènes. Vraiment, je me sentais plus accueilli pour ce que je suis que pour ce que je venais faire ici. Les premiers jours étaient l’occasion de m’installer dans la maison, et de me laisser guider dans les rues pour découvrir Athènes en même temps que ceux qui m’y accueillaient. Ces frères et sœurs de communauté, j’ai déjà très envie de vous les présenter car ils sont mes amis, mes premiers amis d’ici, et c’est précisément ce solide lieu de vie fraternelle qui nous permet de nous ouvrir à notre mission, à nos autres amis ! Nous sommes cinq volontaires à vivre dans cet appartement du quartier Kypseli. Il y a Adélaïde et Anaïs, deux Françaises, Roki, Ukrainienne, Santhosh, Indien, et moi, petit nouveau. Il m’a fallu quelques heures seulement pour découvrir que c’est une communauté très heureuse, très joyeuse, et ça me plaît, bien-­sûr ! On rit beaucoup ici, on chante beaucoup aussi (et bien !) C’est une chance pour moi, et je me sens très vite à l’aise au milieu de mes frères et sœurs de communauté, dans l’atmosphère qui règne déjà ici. Petit à petit, j’ai le bonheur de construire une amitié fraternelle avec chacun d’entre eux. Il y a, en réalité, un Autre habitant de cette maison, comme le sixième membre de cette petite famille. Jésus est bien là, présent dans la chapelle, au cœur de la maison. Il vit avec nous lorsque nous n’oublions pas de lui faire une place, et vient toujours avec nous visiter nos amis. Il se fait souvent tout petit, alors il faut bien tendre l’oreille pour entendre ce qu’il a à nous dire. On passe du temps avec lui, chaque jour, dans la chapelle. Tout petit, tout grand, tout mystérieux qu’il est, on fait l’expérience qu’il se laisse volontiers découvrir à ceux qui veulent le connaître !

Durant ces trois premières semaines, j’ai commencé par rajeunir de quinze ans ! Au milieu de cette nouvelle ville, baigné dans cette nouvelle langue, je suis comme un petit garçon qui tient par la main sa maman. Mais là, ce sont mes frères et sœurs de communauté qui me guident et m’introduisent à la vie qu’ils partagent déjà ici. Ils me présentent à chacun de nos amis, traduisent pour moi les conversations, me guident pour apprivoiser notre rythme de vie, dirigent mes pas dans les rues d’Athènes, m’apprennent le grec avec patience, m’aident aussi à cuisiner lorsque c’est mon tour ! Oui, à la maison, nous parlons surtout en anglais, ponctuellement en français ou espagnol, mais souvent en grec ! Au moins deux jours par semaine (et plus en réalité), la langue officielle de la maison, c’est le grec. Pour l’instant ce sont effectivement les jours où l’on m’entend moins parler, mais cette immersion permanente dans cette belle langue est très efficace et petit à petit, « siga, siga » comme disent sans cesse les Grecs, je m’en imprègne. Peu après mon arrivée, nous avons découvert que l’école de notre quartier accueille le soir des cours de grec ouverts à tous et de différents niveaux ! Parfait pour nous, et à deux pas d’ici ! Je dois donc dire que, pour l’instant, cet apprentissage du grec est plus agréable qu’handicapant, et puis nous avons la chance d’avoir certains amis anglophones ou même francophones. Toujours comme un petit garçon, j’apprends ici à apprivoiser les bonheurs des petites choses. La simplicité de ma vie de volontaire est saisissante, et un peu déstabilisante parfois, mais me semble au fond très juste, très à-­propos. Par exemple, le soir je m’étonne parfois du « peu » que j’ai accompli aujourd’hui : nous avons simplement visité tel ami l’après-­midi, simplement croisé le regard de tel autre dans la rue, simplement vécu en communauté, et voilà ! Pourtant, je m’étonne au même moment de ressentir que cette journée était belle de cette simplicité, qu’elle soit chargée ou non, qu’elle était aussi utile ou réussie que la précédente, que ce sourire échangé était infiniment utile. D’autres jours, c’est vrai aussi, il m’est donné de vivre quelque chose d’extraordinaire, et ce jour sera très précieux aussi. Ainsi, je rencontre, petit à petit, la posture juste de notre Présence ici, qu’il est parfois difficile à comprendre ou adopter, et d’autres fois parfaitement évidente et naturelle. Ce qui est certain, c’est que chacune des journées est « intense », je suis bien fatigué en me couchant ! Et cette vie simple est rythmée par la prière. Encore autre chose qui devient concret depuis mon arrivée, c’est que notre vie de foi, cet Autre, est vraiment la source à laquelle on vient puiser pour vivre la mission. Alors, on vient à la source plusieurs fois par jour : nous chantons ensemble les psaumes dans notre chapelle le matin et le soir, et participons à la messe, le plus souvent dans notre chère paroisse Agia Teresia (Ste Thérese).

 

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SImon S. Volontaire au Point-Cœur d'Athènes