Christos nous aime sans rien savoir de nous….

Adélaïde et Christos, à Athènes

« …et c’est profondément réciproque », constate Adélaïde du Point-Cœur d’Athènes, en parlant de cet homme sans-abri qui pense aux autres avant de penser à lui

Christos, peut-­être Grec, est un sans-­abri que nous visitons toutes les semaines. On sait très peu de choses sur sa vie si ce n’est qu’il a fait de la prison. Lorsqu’on lui propose à boire ou à manger, il nous demande toujours de ne pas lui en donner trop pour pouvoir en garder pour les autres. D’ailleurs régulièrement, il nous propose de l’accompagner pour en donner à ses amis un peu plus loin. Et là, c’est l’épopée, parce que Christos, la jambe droite à moitié valide, se déplace à l’aide d’un déambulateur. Mais contre toute attente, il fonce et en particulier sur la route. Inutile de préciser qu’il n’attend jamais le feu rouge pour traverser. Sur ces grandes routes, les camions et les voitures klaxonnent et s’arrêtent au dernier instant pendant qu’on lui hurle tout ce qu’on sait en grec pour qu’il s’arrête. Parfois, il rit discrètement avant de traverser, car il sait par avance qu’elle sera notre réaction. A chaque fois, on prie comme des fous pour qu’il arrive entier de l’autre côté. Christos nous aime sans rien savoir de nous et c’est profondément réciproque. Ces derniers temps, il me disait qu’il allait partir mais je n’en ai pas trop tenu compte car tous semblent avoir besoin de se raccrocher à un futur départ sans pour autant pouvoir le réaliser. Hier, ses affaires ont disparu et Christos n’était plus là. Sa rue est devenue bien vide et son départ bien plus triste que je ne l’avais imaginé.

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Adélaïde L. Volontaire au Point-Cœur d'Athènes