« C’est bien ce que je pensais, vous nous aimez ! »

Week-end « retraite » pour les jeunes à Pignans

Un week-end « retraite » à Pignans pour de jeunes amis… Jean nous raconte ces rencontres, répliques et moments précieux, illuminés par la simplicité de ces enfants !

Nous nous apprêtons à recevoir pour le week-­end une sacrée équipe : comme nous l’avons déjà proposé plusieurs fois, profitant de notre grande maison et une équipe de choc pour l’animation, nous accueillons les enfants de quelques familles amies pour un week-­end « retraite » sur mesure. Après une sortie plage, une sortie au lac de Carcès dans les collines provençales, nous proposons cette fois-­ci à la joyeuse bande de se rendre à la Chartreuse de la Verne, magnifique monastère de vieilles pierres perdu dans le Massif des Maures. Au détour du dernier virage qui débouche sur le monastère, grand silence dans la voiture devant la beauté imposante de ce lieu. Après la visite de l’ancienne boulangerie du monastère, de la fabrique d’huile, de la cellule d’un moine, nous rencontrons une de celles qui vivent dans ce monastère, sœur Maïpu. Les questions fusent, questions de petites filles d’abord : « Mais c’est long pour mettre votre voile ? », « Les chambres sont confortables ici ? », « C’est pas trop lourd votre habit ? »… Et entre celles-­ci, la question du petit Pablo, directe et essentielle : « Mais comment on arrive à croire en Dieu si beaucoup de gens ne croient pas ? » Pablo vit à une petite heure de Pignans, avec son papa et sa petite sœur. C’est une famille de qui nous sommes particulièrement proches depuis le décès d’Eva, la maman, morte en donnant la vie à sa fille Abigaël, qu’elle avait choisi de garder même si sa vie était en danger. L’anniversaire d’Abigaël avait été un moment particulièrement émouvant l’année dernière, m’entraînant dehors elle me dit : « Je dois te dire un secret ! En fait mon anniversaire c’est pas si bien… parce que le jour de mon anniversaire, c’est aussi le jour où ma maman est morte… tu l’as connue ma maman ? » Notre grande joie fut de les accueillir cette année pour fêter Noël ; ce fut un peu un miracle… leur papa ne croit pas en Dieu, mais il veut passer Noël en famille, avec nous ! Résultat, je ne sais plus ce que sœur Maïpu a répondu à Pablo, mais l’argument qui l’a fait réfléchir fut celui d’Hugo, l’Argentin de la communauté : « Tu sais Pablo, si y’avait pas Dieu pour nous, on se connaîtrait pas et on serait pas là ». Le week-­end se termine par la messe ensemble et un barbecue (le premier de la saison !) avec toutes les familles ; au moment de partir, la petite Ohiana, six ans, me demande : « Mais en fait pourquoi vous nous avez invités ? » Surpris par sa question, je bafouille : « Euh, ben, pour vous voir, on vous voit pas souvent, et puis c’est l’occasion »… D’un air pensif puis soudainement réjouit, elle répond : « C’est bien ce que je pensais, vous nous aimez ! » Avec les enfants, les explications sont généralement assez simples et profondes ; pas de plus belle récompense après un tel week-­end en tout cas !

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Jean D. En mission à Pignans