Allez-­y, osez, vous ne le regretterez jamais !

Dans l’avion de retour du Point-Cœur du Honduras, Bérengère nous partage ses premières pensées, l’essentiel de sa mission, la leçon d’amitié…

Bérengère et la famille de Maria Justina Honduras

Me voici dans l’avion de retour. Alors que dans moins de dix heures maintenant, je vais à nouveau fouler le sol français, après une mission à plus de 8 500 kilomètres de là. Il est venu, pour moi, le temps de faire le bilan de cette extraordinaire expérience humaine. Mais ô combien cette tâche m’est difficile ! Comment résumer de manière fidèle ce que j’ai vécu ici d’un point de vue spirituel, humain et culturel ? Une chose est sûre, c’est que j’ai beaucoup reçu ! Si vous saviez à quel point ! Bien plus que je n’ai pu donner. Cette mission m’a évidemment transformée, car elle m’a permise de réaliser ce que j’avais au fond de mon cœur depuis des années, d’accomplir ce à quoi j’aspirais. J’ai tant appris ! A commencer par le don de soi, quelque soit les circonstances, la patience, l’écoute, la disponibilité à tout moment, la simplicité de vie, l’humilité, la vie en communauté. J’ai beaucoup appris sur les autres, sur moi, sur mes richesses et mes limites. J’ai appris à aimer, à aimer en vérité, de manière totalement gratuite, les personnes pour ce qu’elles sont et non pour ce qu’elles font. J’ai appris à regarder le bien en chacune d’elles. Cela a changé mon regard sur la vie et sur ma vision du monde qui était sans doute erronée auparavant.

Oui, qu’est-­ce que je l’ai aimé mon quartier, avec ses inconvénients, mais surtout avec ses richesses, et sa plus grande richesse, ce sont ceux qui y vivent.  Que c’est difficile de quitter ceux que l’on aime ! Certes, je laisse donc ici beaucoup d’amis, mais je ne les perds pas. Ces amitiés ne m’appartiennent pas, c’est avant tout une amitié avec Points-­Cœur et c’est cela qui est beau… Les missionnaires ont beau partir un jour ou l’autre, les amitiés restent et se transmettent aux nouveaux missionnaires. Combien de fois, dans la rue, des amis du Point-­Cœur sont venus nous saluer alors que nous ne les connaissions pas encore, mais qu’ils connaissaient untel ou untel il y a quelques années ! Il n’est donc pas rare d’écouter nos amis du quartier nous parler des missionnaires d’il y a cinq, dix, quinze ou encore dix-­huit ans au début de Points-­Cœur au Honduras. Ainsi, Klaudia, Estefania, Solène et Agata vont continuer à faire grandir ces amitiés et les transmettront, à leur tour, lorsqu’elles partiront.

Mes trois dernières semaines, je les ai passées à visiter, du matin au soir, nos amis pour leur dire « au-­revoir » et les inviter à ma despedida. Que c’était difficile pour moi, mais beau à la fois ! A chaque visite, ils étaient si émus, me serraient fort dans leurs bras et ne cessaient de me remercier. Je ne comprenais pas pourquoi, car je ne leur ai offert que ma présence et mon amitié, mais peut-­être est-­ce cela même qu’ils recherchaient ? Je n’ai peut‐être pas toujours été à la hauteur, mais ce que j’ai fait, je l’ai fait du mieux que je pouvais et de tout mon cœur.

Nos amis du quartier n’ont pas grand-­chose d’un point de vue matériel. Leurs biens personnels et leurs souvenirs tiennent pour l’essentiel dans une valise, mais ils vous donnent de tout leur cœur tout ce qu’ils ont, à commencer par leur trésor le plus précieux, l’Amour.
Oui, ils vivent pauvrement, mais ne se plaignent jamais et sont heureux comme ils sont et avec ce qu’ils ont. Alors que je m’apprête à retrouver ma famille, mes amis et ma vie professionnelle. Je pense à tous les anciens missionnaires qui, avant moi, ont eu le privilège de cette expérience de tout quitter pour aller vers ceux qui en ont besoin, mais je pense aussi à tous ceux qui se posent la question de partir en mission et qui hésitent encore. Si je pouvais vous donner un conseil, allez-­y, osez, vous ne le regretterez jamais !

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Bérengère L. Volontaire au Point-­Cœur du Honduras