L’arrivée de Suresh au Jardin

Le Jardin de la Miséricorde accueille des personnes pour un temps plus ou moins long, Alexis raconte l’arrivée d’un nouvel habitant du Jardin : Suresh.

Suresh et David

Il y a bientôt trois mois, une femme d’une trentaine d’années est arrivée au Jardin avec son mari. Nous ne les connaissions pas, bien qu’ils habitent le village de Nenmeli à deux kilomètres. Et elle s’est mise à nous expliquer qu’ils prennent sur leur argent personnel pour nourrir une cinquantaine de personnes qui vivent dans la rue à Chengalpet, ville voisine de 50 000 habitants. Et, l’un d’entre eux, Suresh d’une quarantaine d’années, avait sérieusement besoin d’être soigné à la jambe où une plaie s’était infectée. Pourrions-nous l’accueillir au Jardin ? Voici donc deux d’entre nous partis avec ce couple à la rencontre de Suresh. Son lieu habituel est à l’entrée de la ville, sous la statue d’un ancien personnage politique très populaire. Autant dire que nous sommes passés des centaines de fois tout près de lui sans jamais le remarquer. Cette première rencontre fut très positive. Et, ayant jugé qu’il avait un vrai désir d’être pris en charge, et cette femme s’étant porté garante pour lui, Suresh a débarqué au Jardin dès le lendemain.

Les premiers jours ne furent pas faciles pour lui. Il ne voulait pas rentrer dans notre grande pièce de vie, le dinning, probablement par un mélange de timidité et de sentiment d’indignité d’être parmi nous. Il s’était donc installé à côté de la porte, sur le sol de la galerie ouverte qui fait tout le tour du bâtiment. Et nous nous relayions pour lui apporter à manger et veiller à ce qu’il ne manque de rien. Une des conditions pour qu’il vienne chez nous était que les religieuses voisines acceptent de le soigner. Elles ont créé un dispensaire il y a quelques mois et c’est bien pratique pour nous ! Ainsi, Suresh allait chaque jour pour faire nettoyer sa plaie et refaire son pansement. Il n’y va maintenant que tous les deux jours. Sa blessure guérit petit à petit, et son cœur s’est laissé attendrir. Il n’hésite plus à s’asseoir à table au moment des repas, il veille à ce que le ventilateur sous lequel nous sommes assis soit bien en marche et vérifie qu’aucun n’a été laissé allumé lorsque nous partons. Et comme il ne bouge pas beaucoup du dinning, c’est un peu notre gardien, toujours au courant des allers et venues. Lorsqu’il a reçu récemment un peu d’argent de son frère, la première chose qu’il a faite est d’aller se faire raser et couper les cheveux. Et il est revenu un autre homme. C’est beau de voir qu’il cherche à prendre soin de lui-même et c’est maintenant un grand sourire que nous voyons chaque jour sur son visage.

 

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Alexis D. Membre permanent en mission en Inde