Rendez-vous médicaux et démarches administratives à Buenos Aires

Categories: Argentine

Les volontaires du Point-Cœur de Buenos Aires sont souvent amenés à accompagner voisins et amis pour des rendez-vous médicaux ou des démarches administratives. Mais Sixtine raconte que finalement ce qu’ils requièrent avant tout, c’est leur présence. 

Gabriel, Marie et Silvia

Sylvia est alitée depuis un an et demi suite à des problèmes de genoux. Elle a rencontré Points-Cœur grâce à une amie qui lui a dit que des jeunes pourraient l’accompagner à ses rendez-vous médicaux ou l’aider dans ses démarches administratives…

Clara est une « nouvelle amie ». Il y a quelques mois, sa sœur nous la présente car elle a besoin de soutien, elle a de sérieux problèmes de santé, peut-être un cancer…

Gaston a quarante-sept ans. Il y a trois ans, il chute de vingt-cinq mètres et tombe dans le coma. Quand il en sortira, trois mois plus tard, il n’aura plus rien : sa femme et ses enfants sont partis, il n’a plus de maison ni de travail. Il vivra alors dans un immeuble désaffecté puis dans une camionnette et, maintenant, dans une pièce de quatre mètres carrés. Une personne lui parle un jour de nous. Il frappe alors à notre porte et demande si nous pourrions l’accompagner et l’aider dans ses rendez-vous médicaux, car son accident lui a laissé d’importantes séquelles, notamment au niveau de la mémoire. Nous nous sommes vite aperçus que cela n’était qu’un prétexte. Gaston a réellement besoin d’aide sur ce plan, mais il a encore plus besoin de quelque chose d’essentiel : il est arrivé un jour chez nous, totalement désespéré, disant qu’il ne voyait aucun sens à sa vie, qu’il sait bien que Dieu ne serait pas d’accord qu’il se suicide, mais qu’il n’y arrive plus, il n’a plus de force… Nous l’avons écouté et avons essayé de lui remonter le moral et lui avons promis que nous serions là pour lui, à ses côtés et qu’on ne le laissera pas tomber. Ce que souhaite par dessus tout Gaston, c’est que nous soyons ses amis !

Angelo et Gaston

C’est ainsi que des liens se sont créés à travers les allers et retours dans de nombreux hôpitaux de Buenos Aires. Depuis, Gaston fait partie de notre vie quotidienne. Quasiment tous les jours, il arrive à la fenêtre et toque avec le coupe-ongles qu’il a autour du coup avec ses clés pour ne pas les perdre. Il nous regarde par dessus ses lunettes, toujours une casquette sur la tête qu’il prend soin d’enlever dans la maison, question d’éducation nous dit-il, et se fait un malin plaisir à apprendre aux garçons à être de véritables gentlemen… Le pauvre, il a encore du travail ! Ce qui est touchant, chez Gaston, c’est sa générosité malgré qu’il n’ait… rien ! Nous parlons qu’il manque un peu de musique dans notre maison : il arrive le lendemain avec son vieux poste radio qu’il nous offre. Un problème d’eau : Gaston monte sur le toit pour aider les garçons à le réparer. Un mot que nous ne comprenons pas : il se transforme en professeur d’espagnol… Il est tellement reconnaissant de notre amitié qu’il veut pouvoir, comme n’importe quel ami, nous aider dès que nous en avons besoin.

Passer un moment avec ces personnes, c’est comme appuyer sur le bouton « pause » du tourbillon de la vie, pour se poser, réfléchir et recevoir cette leçon de vie, de foi, d’humilité qu’ils m’enseignent. C’est comme reprendre mon souffle, remplir mon coeur de toutes ces valeurs essentielles pour continuer ma mission.

 Facebooktwittergoogle_pluspinterestlinkedin

Author: admin