Pèlerinage marial au Chili à l’occasion des 25 de Points-Cœur

Categories: Chili

Le 15 septembre, fête de Notre Dame de Compassion et fête patronale de Points-Cœur, de nombreux pèlerinages ont eu lieu de par le monde en action de grâce pour les 25 ans de Points-Cœur. Alejandro Valdés, un ami du Point-Cœur de Santiago du Chili, a participé au pèlerinage organisé à Lo Vasquez :

Pèlerinage au sanctuaire de Lo Vasquez, Chili, septembre 2015

Pèlerinage au sanctuaire de Lo Vasquez, Chili, septembre 2015

Un ciel resplendissant et ensoleillé nous a reçus tôt le matin sur le chemin menant de mon cher Santiago jusqu’au sanctuaire de Lo Vasquez, qui se trouve à 70 km de la capitale du Chili. Nous nous sommes dirigés vers ce lieu de pèlerinage pour fêter les 25 ans de Points-Cœur. Le pèlerinage fut un moment très simple, modeste, avec quelques 60 amis, mais avec un air chargé d’esprit de famille. Nous cheminions en priant le chapelet parcourant un sentier champêtre et beau, un chemin bordé de beaux arbustes, de quelques fleurs et qui par moments nous offrait une vue magnifique sur la vallée. C’était en même temps un chemin qui s’ouvrait sur de petites collines parfois escarpées, le sol était humide à cause des pluies récentes. C’est par ce chemin qu’avançait notre petit peuple de mendiants, d’horizons très divers, formé de volontaires de la maison de Porvenir Bajo à Valparaiso, d’amis du quartier qui tenaient à être là et confier ces jeunes qu’ils ont laissés entrer dans leur maison et dans leur vie comme s’ils étaient leur propres enfants. Enfin quelques amis de Santiago, de la communauté française, d’universitaires, de travailleurs, de prêtres et laïcs qui ont été touchés par le charisme.

Apres avoir terminé la marche, le père Thomas, de la fraternité Molokai, nous a introduits à quelques aspects du charisme que nous avons reçu. C’est là qu’il a laissé tomber comme une bombe dont la déflagration m’a laissé sonné. Il nous dit: « Ce n’est pas la douleur ni le péché qui ont le dernier mot » à propos d’un témoignage très dur d’une vielle dame et de sa nièce, amis du Point-Cœur de Pologne. Il a affirmé cela avec une grande force, mais avec une attitude corporelle qui disait la supplication et l’offrande. Cette phrase à son tour est tombée dans mon cœur au milieu d’un état de confusion et de stupéfaction dans lequel je suis resté après quelques évènements récents de ma vie. Et c’est précisément à ce moment que mon véritable “Je” a refait son entrée en scène. J’ai pris conscience du geste qu’il venait de réaliser. Ma vie est fortement touchée par le péché, le mien et celui des autres, par la souffrance, par les projets enterrés vivants, mais elle est aussi ce lieu, sur ce chemin, avec ces amis, avec ce peuple marchant sous la discrète protection de la Vierge Marie. Ce fut un moment qui me permit de regarder en face cette douleur et de souffrir comme un vrai homme, comme un fils, sans auto-compassion. Parce qu’elle devenait chair, j’attendais que tout cela recommence mais, le fait que le péché et la douleur ne soient pas les derniers mots, cette petite espérance comme l’appelle Péguy, qui pousse en avant et mobilise la vie des chrétiens pauvres et fragiles. Cette belle petite espérance qui me fait cheminer, a un lieu dans le temps, elle a des bras de chair et d’os qui m’enlacent, une maison qui m’attend pour partager un repas ou simplement qui m’accompagne pour prendre le bus…

 

…sur le chemin escarpé, de sable, malade
sur le chemin escarpé
pendue aux bras de ses deux grandes sœurs
la petite espérance
avance.[1]

 

Alejandro Valdés, au ami de Santiago

 

[1] Charles Péguy , Le porche du mytère de la deuxième vertu

Facebooktwittergoogle_pluspinterestlinkedin

Author: admin