Les inondations à Chennai vues du Point-Cœur

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Début décembre, l’Inde et plus particulièrement la région de Chennai ont été touchée par de très fortes pluies entrainant la fermeture de l’aéroport et d’impressionnantes inondations. Le Point-Cœur de Kasimode a vécu ces événements au côté de leurs voisins, Nicolas raconte :

Jour de pluie à Kasimode, Inde, 2015

Jour de pluie à Kasimode

« Lorsque Dieu commença la création du ciel et de la terre, la terre était déserte et vide, et la ténèbre à la surface de l’abîme ; le souffle de Dieu planait à la surface des eaux, … »[1]

Ces semaines à Chennai ont été bousculées par le souffle des évènements. Comme pour rejoindre l’actualité douloureuse de l’Europe, les pluies diluviennes ont correspondu à l’annonce des catastrophes parisiennes, à la peur, au terrorisme… à quelques milliers de kilomètres de Paris, débordés de toutes parts, nous apprenions ces nouvelles tragiques au saut du lit. Chacun inquiet pour ses proches, recueillis, impuissant.

Une autre réalité tout aussi meurtrière nous attendait, celle là beaucoup plus discrètes dans les médias. La région de Madras a été la proie de cataractes jamais vues depuis 1976… plongeant la ville sous eau, noyant des familles entières, un bilan terrifiant de près de 1000 morts.

Au plus terrible de la mousson, nous avions encore l’occasion de quitter la ville pour nous réfugier au « jardin de la miséricorde », les voies carrossables étant encore praticables, mais quels genres d’amis aurions-nous alors été si nous avions quitté le navire quand il prenait l’eau de toute part. Très vite nous avons choisi de rester avec nos amis, nos voisins, nos enfants, … essayant de soulager leur peine, leur misère, réconfortant les uns, accueillant les plus fragiles pour une nuit « au sec » … Ils étaient là, la suite du Christ, ceux pour qui Il est venu, ceux qu’il nous demande de nourrir, vêtir, visiter, accueillir comme s’ils étaient Lui. Chaque jour est un petit miracle. Dans ces moments d’obscurité, Sa lumière nous éclaire de petits miracles quotidiens, c’est tantôt G Lakhshmi Ama qui, les pieds dans l’eau, rit en buvant mon eau de thym et nous demande « des histoires de Jésus », tantôt tous ces pauvres solidaires qui partagent le peu qu’ils ont et se mobilisent « naturellement » autour des plus déshérités… Notre présence, une présence d’espérance au milieu des pauvres, …

Si le bilan général est une catastrophe humaine, ces semaines éprouvantes nous ont soudés les uns aux autres, nous rapprochant de nos voisins, nous sommes allés plus en profondeur dans nos amitiés, rendant concrète la notion « d’être plutôt que faire »… Nos amis savent aujourd’hui que nous sommes présents, même dans les galères.

Nicolas « Kolia » de Chennai

[1] Genèse 1,1-2

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Author: admin