Les camps d’été pour les enfants du Pérou

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Chaque année, les sœurs du Pérou organisent chez elles, à Guayabo, des camps d’été pour les enfants. De décembre à février, se sont succédés huit camps d’enfants et d’adolescents, originaires des villages voisins et des quartiers où se trouvent les deux maisons Points-Cœur au Pérou. A chaque camp, participent entre 15 et 40 enfants, de 8 à 13 ans pour les petits, et de 14 à 17 ans pour les plus grands…

Chaque jour ont lieu jeux, enseignements et activités manuelles. Les veillées sont aussi de grands moments appréciés pour chanter, prier, se réjouir autour d’un feu de bois avant d’aller dormir sous de grandes tentes de camping ! La rivière située à quelques mètres de la maison est un beau lieu de baignade particulièrement apprécié !

Pour les enfants du village, ces camps sont un temps privilégié pour apprendre à vivre ensemble, à découvrir leurs dons et à prier. Pour ceux de « la ville » c’est une occasion de vivre dans la nature et s’émerveiller devant les bananiers, les vaches et les étoiles !

Chaque camp a un thème qui sert de fil conducteur pour l’animation. Et en ce qui concerne la logistique et l’organisation, toute une équipe vient aider, pour la plupart des jeunes du village, et leurs talents musicaux et d’animation sont désormais bien au point !

 

 

Marine, jeune volontaire française, est venue vivre une « mission courte » mais intense à Guayabo, intégrant l’équipe d’animation de tous les camps. Elle apporte son témoignage :

Les camps sont surtout pour les jeunes un temps pour s’amuser et pour goûter un peu à la tranquillité de la vie à la campagne auprès de Dieu. Chaque camp possède plus ou moins le même programme : prière, olympiades, grand jeu, activité bricolage (confection d’icônes, de masques, d’objets en pâte à sel, de dessins, etc.), jeux (babyfoot, ping-pong, UNO, mille bornes, etc.), feux de camp (autour desquels nous chantons, nous jouons, et… mangeons des shamallows ; eh oui, c’est universel !), balades, et surtout, activité la plus attendue : la sortie au « Rio », le fleuve voisin, qui fait le bonheur de tous !

Les camps du mois de janvier sont organisés par les sœurs, et sont destinés aux enfants des villages voisins (Guayabo, Picapiedra et Retamal), non mixtes et par tranche d’âge. Ceux de février, par tranche d’âge également et le plus souvent non mixtes, sont organisés par les volontaires des deux Points-Cœur de Lima pour les enfants de leur propre quartier (Barrios Altos dans le centre, et la Ensenada, en périphérie). Janvier est bien différent de février, tout simplement parce que les enfants des Points-Cœur connaissent une réalité bien différente de celle des enfants de Guayabo et des environs. A Barrios Altos notamment, les enfants sont très tôt confrontés à la violence, la drogue, et souvent livrés à leur propre sort dans la rue. Le premier camp avec les enfants de ce Point-Cœur était destiné aux garçons de 8 à 14 ans. On m’avait prévenu qu’ils n’étaient pas faciles, mais j’ai été très vite confrontée à mes limites après les camps si calmes avec les enfants de Guayabo. Ils étaient 11 et en paraissaient 40, ingérables ! Je n’arrivais pas à les aimer, à aller au-delà de leur apparence de jeune caïds. Et je m’en voulais terriblement : j’étais venue là pour aimer, pas pour faire la police ! Ma mission pour moi ce n’était pas juste faire des camps, c’était aimer ! Dans le feu de l’action, je n’arrivais pas à voir l’intérêt de ce camp, ni à voir en quoi Dieu était présent. Le premier jour, à bout de forces, je cours me réfugier dans la chapelle pour crier ma détresse à la Vierge. Peu de temps après, j’entends la porte s’ouvrir timidement, et Ives (un de ceux que j’avais le plus de mal à aimer), vient s’asseoir à côté de moi, et nous récitons ensemble un « Je vous salue Marie ».  Que notre mère du ciel est tendre, et si vous saviez combien le camp a été beau après cela. Pourtant rien n’avait vraiment changé, les enfants étaient les mêmes, mais en deux jours de camp seulement, ils s’étaient adoucis, et mon cœur s’était apaisé. Ce qui est fou, c’est de voir que la vie à la campagne auprès de Jésus (il y a la présence réelle chez les sœurs) change réellement les cœurs. Loin de leurs soucis, loin de la violence familiale ou de la rue, ils étaient retournés en enfance. Sous des apparences de cœurs de pierre, ces enfants ne demandaient qu’une chose : un peu de tendresse et d’amour.

Ce qui m’a vraiment marqué pendant ces camps, c’est la tranquillité des activités. Nous prenions le temps de faire chaque chose. Bien sûr, quand on a 28 enfants à charge, c’est forcément un peu la course. Mais tout de même, le but n’était pas de courir après les activités, faire le plus de choses possible. Non, il s’agissait simplement de vivre chaque chose intensément !

Marine

 

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Author: admin