Le village des gypsies, visite des volontaires en Inde

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Le vendredi après-­midi, Chiara et les filles du Point-Cœur de Chengalpet, vont souvent visiter un village de gypsies (gitans) à côté de Nenmeli, avec des gens du Jardin et les frères de Kasimode

C’est super de faire un apostolat tous ensemble et on a bien besoin de bras pour jouer avec toutes les petites têtes brunes aux cheveux ébouriffés. Les gypsies sont une tribu particulière qui vient du Nord de l’Inde et qui a gardé un style d’habillement, un mode de vie et un langage propres. Ils forment une caste à part et sont très exclus de la société sud-­indienne. Dans Jaïamma le village, une rue sépare les maisons de part et d’autre, un chien court après une poule et se fait ensuite pour suivre par cette même poule, les hommes, grosse barbe et cheveux longs attachés en chignon, jouent par terre aux billes ou aux cartes, les femmes font des colliers de perles qu’elles iront vendre près de la plage, les petits enfants déambulent tout nus, une simple cordelette autour du ventre, au milieu des matériaux de récupération qui traînent par terre. Le village est plus qu’une communauté, c’est une famille où tout le monde s’occupe les uns des autres. Les gypsies, c’est la joie sauvage. Quand ils nous voient arriver, les enfants courent vers nous et s’accrochent à nous. J’en porte un sur ma hanche droite, un sur ma hanche gauche, un sur mon dos, c’est bon je suis au complet ! On tourne en rond le plus rapidement possible, je les fais sauter dans mes bras ou voler en les tenant par les mains, c’est mon sport de la semaine. Je discute aussi avec les mamans, comme Rani akka qui a vingt-­cinq ans et qui vient d’accoucher de son quatrième enfant. La beauté de cette amitié avec la communauté gypsie c’est qu’elle se propage au-­delà des frontières du village. Il y a quelques semaines, alors que nous étions près de la plage avec une amie du quartier, nous croisons un groupe de ces petites filles qui vendent des colliers. Elles nous reconnaissent au milieu des touristes, alors on se salue dans la rue et on se prend dans les bras. « On se voit la semaine prochaine ! » Un autre jour, assise dans le bus, une petite fille vient vers moi, surprise, c’est Anouska une autre des petites gypsies ! Elle tient dans sa main des bracelets et des épingles à nourrice qu’elle vend aux passagers avant que le bus ne démarre. Ce ne sont plus des enfants qui travaillent injustement au lieu d’aller à l’école mais ce sont des petites filles qui, le vendredi, m’accueillent dans leur village, sautent dans mes bras et m’entraînent danser avec elles, pleines de vie. C’est une chance incroyable de pouvoir aller dans ce village, jouer avec ces enfants, discuter avec ces femmes. Ils n’ont pas du tout besoin de moi, mais ils me laissent pénétrer leur réalité et m’ouvrent une fenêtre sur une autre humanité.

Chiara F. volontaire en Inde

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Author: Claire Lefranc