La crise chilienne vue du Point-Cœur

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Au Chili, Points-Cœur a deux maisons, le Point-Cœur de Valparaiso où vivent les volontaires et la paroisse Sainte-Marguerite-d’Ecosse de Santiago confiée à Père Thomas et Père Thibault. Sans vouloir émettre un jugement politique, Père Thibault partage simplement ce dont ils sont témoins dans leurs quartiers.

En septembre, nous fêtions au Chili les fêtes de la patrie. Puis d’un jour à l’autre, le 17 octobre pour être précis, nous sommes passés à un état de quasi guerre civile. Le métro augmentait de trente pesos (0,03 euros), ce qui a provoqué un mouvement de contestation d’une très grande violence : métros et édifices brûlés. Le président, Sebastian Piñera, décréta l’état d’urgence : les militaires furent envoyés contre les manifestants avec un couvre-feu à vingt heures. Dans les esprits chiliens, une telle situation rappelle les évènements de 1973, quand le général Pinochet fit un coup d’état contre l’état socialiste de Salvador Allende, ce qui signifie beaucoup d’images et de mauvais souvenirs, en tout cas dans nos quartiers pauvres. Depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, le pays est sens dessus dessous et chaque jour a son lot de manifestations, de barricades et de violences. Des églises ont même été vandalisées, voire brûlées. Les Chiliens réclament plus de justice, une meilleure répartition des richesses (surtout dans les domaines de la santé, de l’éducation et des retraites), et, en somme, une vie socio-économique plus humaine. De fait, le pays est régi, depuis Pinochet, par un système fortement libéral (instauré par les fameux Chicago boys) qui lui a permis, en cinquante ans, d’être le plus compétitif, le plus sûr, le plus stable de la région. Mais le peuple accuse la classe dirigeante d’être la seule à en profiter. On peut sentir derrière la grogne des manifestations des relents fortement marxistes. On doute aussi que ces mouvements soient aussi spontanés qu’ils en ont l’air. Par ailleurs, on ne peut qu’être émus de voir une foule immense chanter avec mille guitares les chants des années soixante-dix, de Violeta Parra ou de Victor Jarra, notamment le fameux Derecho de vivir en paz. Ni notre paroisse, ni le Point-Cœur n’ont souffert pour l’instant de ces mouvements. Nous avons eu de beaux moments de prière et reçu des deux côtés de vrais gestes d’attention et de charité. Prions pour que le Chili, ainsi que la Colombie et d’autres pays, retrouve la paix et organise une société plus juste et plus charitable.

P. Thibault de P.

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Author: admin