Fresque peinte par les enfants de Kasimode

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Fresque de Jonas au Point-Cœur de Kasimode

Témoin de cette amitié avec les enfants de notre quartier de Kasomode, à Chennai : La fresque ! Pardon ? La quoi ? La fresque ! Un mur qui, lorsque mes frères de communauté ont repeint notre intérieur (avant mon arrivée), avait été laissé blanc, en vue de cette géniale opération qu’est la peinture d’une fresque ! En effet, depuis plus de six mois, nous contemplions ce mur immaculé (si seulement !), cette page blanche où nous aurions pu écrire tous nos espoirs… Ce projet reposait principalement sur mon frère Kolia, artiste de son état et instigateur général du projet. Le plan était simple : peindre ce mur avec les enfants. Simple, non ? Mais plus compliqué quand on pense à ce que ça implique : il nous fallait choisir un thème (on ne peut pas peindre n’importe comment, n’est-­ce pas ?), l’expliquer à nos petits artistes en herbe, avoir le matériel nécessaire, etc. En bref, six mois pour en arriver là. Mais, ô Joie ! Finalement, nous nous sommes un peu plus bougés (ah oui, tiens, ça joue aussi ?!), et le projet a vu le jour. Nous avons finalement été aidés par deux de nos amies, l’une, tamile, Andrea, et l’autre, algérienne, Yasmine, qui possèdent chacune un beau contact avec les enfants. Elles étaient déjà venues pour le camp.
Nous avions, en accord avec nous-­mêmes (ce qui n’est pas toujours évident ! la joie de la communauté !), choisi le thème de Jonas et de la baleine, ce prophète qui, pour avoir tenté de fuir Dieu et Sa volonté, s’est retrouvé trois jours et trois nuits dans une baleine (rien à voir avec un certain Italien et son pantin de fils !), avant d’être enfin recraché, et ainsi pouvoir faire son job : la volonté de Dieu. En gros. Pourquoi ce thème ? Simple : nos enfants côtoient un port de pêche, mangent du poisson presque tous les jours, et sont habitués à parler poisson, penser poisson, vivre poisson (bon, ok, cricket aussi, mais c’était moins biblique). Ainsi, un type qui se retrouve dans les entrailles de l’océan, ça ne peut que leur parler. Voilà ce qu’Andrea leur a expliqué le premier jour. Elle leur a demandé ensuite d’illustrer sur papier toute l’histoire : nous avons eu de beaux bateaux, de sympathiques poissons, deux ou trois crustacés… Kolia avait un très beau livre de poissons, dont il avait imprimé quelques pages, les enfants ont pu ensuite les copier et les colorier. Le deuxième jour, nous avons préparé le terrain : Kolia a reproduit certains dessins de nos enfants, pour leur indiquer où peindre. Peu après, l’épreuve a commencé : quand on a une bonne quinzaine de gamins qui n’ont qu’une envie, celle de peindre, c’est parfois dur à gérer, mais tellement rempli de Joie ! Ce jour‐là, Yasmine était revenue nous aider, et elle a bien fait ! C’est incroyable de voir les amitiés que nous créons doucement. Nous avons rencontré Yasmine par l’intermédiaire de Catherine, notre amie artiste peintre, et son désir de faire des activités avec les enfants, chose en laquelle elle excelle, l’a conduite à nous aider pour le camp, au Jardin de la miséricorde. Là, elle a pu commencer à son tour une amitié avec les enfants, qui s’est renforcée quand elle est venue nous rendre visite. Elle nous a beaucoup aidés, en ce jour de peinture, à peindre avec les enfants, avec Adrian et Kolia (on m’avait confié la distribution des couleurs, ce qui est plus simple à dire qu’à faire !). Elle s’est rendue chez nous vraiment disponible pour les enfants, en étant véritablement à leur écoute, en les conduisant vers le Beau, en les conseillant, etc. Mais le plus incroyable, c’est qu’elle était terriblement malade ce jour-­là, et qu’elle ne nous a pas lâchés en restant chez elle, et en se soignant, comme elle aurait pu, et dû, le faire ! Elle a tenu à venir nous voir et à nous aider. Cette force de caractère m’impressionne beaucoup : trop souvent, j’ai tendance à me dire que je ne peux pas faire ceci et cela, et que ce n’est pas si grave, bla bla bla… Mais quand je vois quelqu’un comme Yasmine, ça me force à me remettre debout et à respecter mes engagements, et à me remettre plus profondément dans la mission, qui, si l’on ne prend pas garde, peut trop facilement tomber dans une routine qui est finalement destructrice : le mot est fort, mais nécessaire. Le renouveau constant, et davantage, la recherche de la nouveauté, doit être le but principal d’une vie comme celle que nous menons. Nous ne pouvons pas nous contenter d’une vie simple, mais nous devons être à la recherche ardente de la volonté de Celui qui nous a envoyés. Et des personnes comme Yasmine nous le rappellent, sans anesthésie : c’est toujours humiliant de se rendre compte qu’on ne vit pas à fond, et qu’on aurait pu faire plus. Toutefois, nous sommes faibles, et des piqûres de rappel comme celles-­ci nous sont salutaires ! Elles nous invitent à nous donner davantage, à aimer mieux, et en recherche de la Vérité.
Revenons à nos poissons : une fois ceux-­ci terminés, accompagnés de Jonas sur son bateau, et Jonas dans sa baleine, nous avons déclaré la fin des joyeuses hostilités. Maintenant, il s’agit de remplir les (nombreux) trous, et, en suivant l’exemple de Kolia et son idée pointilliste, nous peignons avec courage et ardeur… des points. Une couleur, quelques points par-­ci par-­là, nous donnent quelque chose de magnifique ! Seulement… C’est un travail de longue haleine : ça prend beaucoup de temps ! Une session de peinture quand on trouve le temps, et le petit mur se remplit de couleurs ! Promis, quand ce sera fini, je vous le dirai. Mais ce ne sera pas demain, j’en ai peur. Ni la semaine prochaine. Je vous tiendrai informés !

Stéphane P., volontaire au Point-Cœur de Kasimode

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Author: Claire Lefranc