La visite d’un foyer hongrois pour enfants en Roumanie

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Philippine est arrivée en mission au Point-Cœur de Deva en Roumanie depuis un mois. L’apprentissage du roumain se fait petit à petit, mais quand il s’agit de rencontrer des enfants hongrois, c’est un autre langage qui s’instaure. Les volontaires visitent chaque semaine un foyer hongrois pour enfants placés, Philippine raconte l’une de ses premières rencontres dans ce foyer :

Lorsque vraiment je ne comprends rien et que le sentiment d’inutilité vient m’assaillir, la Providence met régulièrement sur mon chemin des enfants, des tout-petits, avec lesquels il est bien facile de partager un beau moment rien qu’en les portant sur mon dos, mes épaules, en jouant à cache-cache ou à un concours de grimaces ! Une de ces enfants m’a particulièrement touchée. C’était au Monastère, un foyer hongrois pour enfants placés, dans lequel nous nous rendons une fois par semaine. Petits, grands, pédagogues vivent ensemble en maisonnées, ce qui donne un cadre presque familial à tous ces jeunes. Alors que j’étais assise dans un coin sans savoir vraiment vers qui me tourner, Imola, une petite fille de quatre-cinq ans s’est approchée de moi avec sa peluche, mais tout en gardant une certaine distance. A mon tour, j’ai essayé de me rapprocher d’elle et j’ai commencé à jouer avec sa peluche. J’ai alors senti son regard me scruter. Au bout de quelques minutes ainsi en silence, j’ai voulu le rompre en lui demandant le nom de sa peluche. Elle a eu un mouvement de recul. Une autre fille à côté de nous m’a alors expliqué qu’Imola ne parlait que hongrois. Et cela m’a rendue si heureuse ! J’ai eu envie de lui dire : « Ah yes, merci ! Je n’ai pas besoin d’essayer de me faire comprendre, toi non plus. Tu vois, nous sommes dans la même situation toi et moi. Nous sommes bloquées dans ce no-man’s land de la rencontre des langues. Mais si tu le veux, si tu l’acceptes, on va faire sans. Parions ensemble qu’une amitié sans paroles vaut le coup ! Oui, apporte-moi tes autres peluches ! Quelle est ta préférée ? Et la plus grande ? Et la plus douce ? Et si on faisait une pile ? Vas-y, fais la tomber ! Patratra.. Quels éclats de rire ! On recommence ? Encore ? Et encore ? Ah non… C’est déjà l’heure de partir, mais nous nous reverrons, c’est sûr ! Peut-être même dés ce soir, à la fête de ton foyer, quand les grands danseront sur les musiques de ton pays, quand les plus jeunes réclameront des chorées mais que moi je danserai juste avec toi parce que tu me le demandes encore et encore, et je te ferai danser et tourner jusqu’à ce qu’on s’effondre toutes les deux sur une chaise, mortes de fatigue. Et je t’aimerai… Oh non, je sais que je t’aime déjà, petite Imola. »

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Author: admin