Fin de mission et retour en France

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Sixtine est rentrée en France depuis deux mois, après une mission de 15 mois au Point-Cœur de Buenos Aires. Elle revient sur ce temps qu’on appelle la « despedida », les au-revoir, le départ et le retour.

Messe de départ entourée des enfants

Les dernières semaines à la Villa, dans mon quartier, ont été empreintes de beaucoup d’émotion, de tristesse mais aussi de joie et de rire. Une fois encore j’ai été marquée par la générosité de nos amis. Beaucoup m’ont invitée à déjeuner ou à dîner pour se retrouver une dernière fois avant mon départ. Meilleur moyen de se rappeler mes débuts, les fous-rires quand mon vocabulaire espagnol n’était pas encore bien développé, les erreurs de « débutants », les essais, les ratés,… mais aussi l’amitié qui naît puis qui grandit. 

Je ne suis pas la première volontaire à avoir mis les pieds dans ce quartier, à avoir vécu avec eux, à qui ils se sont confiés, avec qui ils ont pleuré et ri. Je n’ai pas été la première à être triste spectatrice des ravages de la drogue et de l’alcool, de la violence. Je n’ai pas été la première à qui les enfants ont fait confiance, avec qui ils ont joué, dansé, chanté, sauté, souvent pour échapper à un quotidien qui ne devrait pas être celui d’un enfant. Je n’ai pas été la première et je ne serai pas la dernière. Pourtant, beaucoup des amis du quartier, les enfants, mais aussi les Sœurs de Points-Cœur, le prêtre de notre paroisse, des amis français qui nous recevaient pour nos jours de repos à Buenos-Aires, tous se retrouvent une fois de plus dans la rue devant notre maison pour assister à ma messe de départ ce dimanche 21 avril, le jour de Pâques. L’autel est à la même place, la même guirlande est placée au même endroit. Encore une messe de départ et pourtant ils sont là, pour moi. Au premier rang, je suis entourée des enfants qui viennent, tour à tour, sur mes genoux. Ils se tiennent fièrement et sagement à côté de moi, certains resterontjusqu’au bout, d’autres iront retrouver leur bicyclette ou leurs copains, passant devant l’autel, au milieu de tout le monde. C’est une messe en plein air, au milieu de ce quartier rempli de vie ! Une fois la messe terminée, c’est autour de quelques spécialités culinaires argentines que je passe un dernier moment avec chacun. Puis, nous avons fait retentir quelques airs de chamamé, de cumbiaou de rock et avons dansé avec les enfants, dans la rue, devant le Point-Cœur. C’était un moment magique, hors du temps… Le lendemain, je prenais l’avion et quittais la Villale cœur lourd, mais en fête, si reconnaissante de ces quinze mois passés dans ce qui est (objectivement parlant !) le plus beau quartier d’Argentine.  

C’est ainsi que ma mission en Argentine a pris fin… Cependant, une autre mission débute : celle d’essayer de transposer tout ce que j’ai appris dans mon quotidien, ici, en France. Ces quinze mois m’ont beaucoup appris : le lâcher-prise, la force, le courage, la foi, l’humilité, la confiance, etc. Auprès des plus petits j’ai retrouvé mon âme d’enfant et le bonheur de goûter aux choses simples de la vie, j’ai aussi appris à me relever après une chute et à m’émerveiller de tout ce qui m’entoure. Avec les plus vieux, j’ai appris la force et le courage, l’importance des valeurs telles que la foi, la famille et le travail. Pendant ces quinze mois, j’ai énormément reçu alors que j’étais là pour les aider, mais on dit souvent qu’on reçoit toujours plus que ce que l’on donne. Je sais que bien d’autres fruits de ma mission ne se verront que dans quelques temps, avec le recul. En attendant, je prépare mon installation dans un cabinet pluridisciplinaire en Seine Saint-Denis (93). Grâce à la mission, j’ai compris que je voulais exercer mon métier d’orthophoniste dans des quartiers défavorisés. Me voilà bientôt lancée dans la vie professionnelle avec un nouveau regard sur mon métier.

Sixtine de B.

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Author: admin