Un événement pour rappeler les droits et la dignité des mineurs non-accompagnés

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Lors de la 34ème session du conseil des droits de l’homme à Genève, Points-Cœur et d’autres ONG d’inspiration catholique ont participé à un événement parallèle dédié aux enfants mineurs non-accompagnés sur le chemin de la migration. L’occasion de renouveler l’importance des partenariats entre les divers acteurs sur la scène internationale, et d’en apprendre plus sur les actions menées sur le terrain.

Exposition sur l’éducation au droits de l’homme

Le 15 mars, la communauté internationale réunie à Genève pour le 34ème conseil des droits de l’homme était conviée à un événement dédié à la question des mineurs non accompagnés : Unaccompanied Children on the Move : Preserving their Dignity and Rights.

La mission permanente du Saint-Siège à Genève, Caritas Internationalis et International Catholic Migration Commission (ICMC), tous trois d’étroits partenaires de Points-Cœur, désiraient soulever les enjeux de la migration des mineurs à l’heure où, comme précisé ce jour-là, la moitié des réfugié-e-s ont moins de 18 ans. Cette frange de la population en exil est particulièrement vulnérable aux mauvaises intentions de trafiquants, et plus généralement aux conséquences qu’un déracinement et un voyage peuvent avoir sur le développement et l’apprentissage de la vie.

Outre un titre accrocheur et d’actualité, des oratrices et orateurs de qualité ont attiré la foule. William Lacy Swing, directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a ouvert le bal en décrivant deux mondes dans lequel les enfants vivent aujourd’hui. Le premier fait d’enfants en chemin, le deuxième de négligence. Il propose un troisième monde qui reste encore à réaliser : un monde de responsabilité partagée. L’expression était lancée. La responsabilité partagée aura été le fil rouge de cet évènement. Le révérend père Fabio Baggio du dicastère pour la promotion du développement humain intégral du Saint-Siège, a poursuivi en partageant quelques pensées de pape François pour l’occasion. Elles mettaient un accent particulier sur la nécessité de travailler en collaboration avec les enfants migrants eux-mêmes. Des mots faisant écho à ce que la modératrice du jour, Kelly Ryan, a appelé une approche centrée sur les enfants. Après les deux orateurs principaux, trois interventions du terrain ont permis de donner du corps aux idées proposées.

Tout d’abord, Carol Batchelor, directrice de la protection international au Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), a relevé la nécessité d’inclure la protection des enfants sur la route dans les prochains documents internationaux. Elle a attaché beaucoup d’importance à l’éducation, faisant office de clé pour protéger, prévenir et donner des perspectives. Le discours d’Elisa Manna, de Caritas Rome, centré sur des exemples de bonnes pratiques, a montré comment les structures d’accueil de l’organisation misent d’ailleurs sur l’éducation afin de sortir les jeunes du rôle de victime, dans un pays à la fois terre d’arrivée ou de transit sur la route de la migration. Enfin, Fr. Juan Carlos Quirtate Méndes, de Desarrollo Juvenil Del Norte A.C., gérée par les Salésiens de Don Bosco, a présenté la réalité d’un endroit de départ plutôt que d’arrivée, à Ciudad Juarez au Mexique. Il a souligné l’importance du droit à migrer, mais aussi du droit à ne pas migrer, relevant les pressions existant sur certaines parties de la population. Sa mission tente notamment d’éviter la migration forcée, résultant de problèmes structurels liés entre autres à la criminalité. Les quartiers difficiles sont ciblés afin de travailler avec les jeunes par la prévention.

Les représentant-e-s de la société civile et les délégué-e-s des Etats ont alors pu s’exprimer et poser leurs questions. A relever l’intervention de Jorge M. Dias Ferreira au nom de New Humanity mais aussi du Forum d’ONG d’inspiration catholique dont Points-Cœur fait partie. Rappelant les nombreuses tentatives de suicide dans les foyers accueillant des mineurs non accompagnés en Suisse romande, il a insisté sur le fait que l’accueil n’est pas une fin en soi. Il s’agit d’accueillir avec un projet éducatif clair et des actions qui visent à répondre aux traumatismes et éviter de générer des marginaux dans les sociétés d’accueil. Il a désiré savoir comment les bonnes pratiques des ONG pourraient être intégrées dans les politiques de l’ONU.

En fin de compte, le panel a rappelé la nécessité de promouvoir la coopération entre divers acteurs dans le domaine de la migration, car la responsabilité est partagée. Un système compréhensif de protection doit être produit, et comme William Lacy Swing l’a dit (paraphrasé) : « Les solutions changent suivant que l’on voie les enfants migrants comme un problème à régler ou comme des êtres humains en situation réelle».

Pour connaître le travail de ICMC en partenariat avec le HCR dans les camps de réfugié-e-s en Ethiopie, voici un lien vers une vidéo, fourni lors de la conférence : Protecting unaccompanied refugee children in Ethiopia,

https://www.youtube.com/watch?v=RsF5bWl4vlo.

Siméon R., stagiaire Points-Cœur à l’ONU

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Author: admin