Equateur : les volontaires portent la communion

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Dans certains quartiers des Points-Cœur, les volontaires sont un pont entre la paroisse et leurs amis. Quand ceux-ci sont trop malades ou trop faibles pour se rendre à l’église le dimanche, ce sont eux qui portent le Christ à leurs amis les plus faibles. Laetitia, du Point-Cœur de Guayaquil, raconte comment ils portent la communion à Señora Rebecca. 

Laetitia, Sra Rebecca et ses petits enfants

Au cours du mois de janvier, j’entrais pour la première fois chez Señora Rebecca à qui nous avions commencé à apporter la communion à peine deux semaines avant. Avec Mara, je me glisse par le portail de bois à moitié branlant et pénètre dans cette maison bien pauvre, et bien sale, à vrai dire, qui ne donne guère envie de rentrer ni de s’asseoir. Les enfants sont en train de boire un chocolat chaud accompagné de pop-corn et nous saluent avec curiosité. Je commence à faire la blague de demander s’ils nous ont laissé un peu de pop-corn ou si nous allons devoir les manger eux, pour goûter au pop-corn. Les enfants entrent dans le jeu avec grande joie et pendant un long moment, en faisant peu à peu connaissance de toute la famille, nous jouons avec entrain à qui nous allons faire cuire et manger. Le grand-père attire mon attention : il est resté dans un coin de la pièce et regarde, captivé, le spectacle de ce jeu improvisé. Son visage s’est peu à peu illuminé. Finalement, nous proposons de prier. Je nettoie la table comme je peux, essaie de faire sortir le chien, et tente de rendre ce lieu le plus digne possible. Tous les enfants acceptent de se mettre autour de la table pour accompagner leur grand-mère qui va recevoir la communion. Avec les mêmes yeux ébahis que pendant le jeu, ils écoutent et participent à la prière. J’adapte mon petit commentaire de l’Evangile pour eux et je m’émerveille de leur recueillement au moment où l’on s’agenouille pour présenter Jésus à leur grand-mère. Le silence qui suit la communion m’impressionne et j’ai presque peur de rompre ce silence pour terminer la prière. Quelqu’un est entré dans la maison et l’a envahie de Sa paix.

En disant au revoir à toute la famille, le sourire du grand-père, resté dans son coin, n’a pas quitté son visage et il nous remercie chaleureusement. Señora Rebecca, aveugle, n’a participé que par ce qu’elle a entendu, mais son « merci » et son immense sourire disent beaucoup de sa joie et de sa gratitude. Elle demande, inquiète : « Quand revenez-vous ? »

Dimanche après dimanche, l’amitié grandit avec cette famille et petit à petit c’est toute la famille qui attend le moment où nous allons arriver pour donner la communion. « Enfin vous voilà, nous avions peur que vous ne veniez pas ». Ce moment est devenu le Grand moment du Dimanche. Une des petites filles a ressorti sa bougie de première communion pour accueillir le Saint Sacrement, la maison est balayée et la table est propre pour recevoir Jésus. Les petits et les grands partagent leurs intentions de prière, écoutent avec attention chaque parole et prient de tout leur cœur. Quelle joie de voir que l’arrivée de Jésus dans cette maison transforme peu à peu toute l’ambiance de la maison, devenue plus digne, plus belle, et remplit de joie toute la famille. La situation n’a pas changé : tous prient pour ne pas manquer de pain au quotidien, pour la santé de leur grand-mère — qui s’est beaucoup améliorée depuis —, pour avoir de meilleures notes à l’école. Mais depuis quelques mois, ils ne sont plus seuls : Quelqu’un les accompagne. La paix et la confiance sont devenues palpables. Et pour moi, ce moment partagé avec eux est aussi devenu le Grand moment du dimanche !

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Author: admin