Baptême d’Inès à Vienne

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Inès à Vienne

Inès à Vienne

Après huit mois passé au Point-Cœur de Vienne, en Autriche, Inès « Teresa Benedicta » (noms de baptême) a reçu les sacrements de l’initiation le 8 juin dernier, Dimanche de Pentecôte.

La cérémonie fut à l’image de son chemin de foi : Elle s’est ouverte par le choral « Jesu meine Freude » de J.S. Bach, chanté par Corosiamo, le chœur dont nous faisons tous deux partie. Lorsqu’elle a pour la première fois chanté cette œuvre il y a quatre ans, s’est réveillée en elle une soif que rien n’a plus jamais pu étancher. C’est probablement la raison pour laquelle elle prit tellement au sérieux l’amitié avec sa marraine de baptême, Benedetta, une amie du Point-Cœur, mais aussi avec Marylouise, une ancienne volontaire américaine, alors que, tout à l’époque les éloignait. Inès s’est ainsi peu à peu approchée du Point-Cœur. Grâce à son amitié avec Laura, une étudiante estonienne de la communauté du Point-Cœur, elle assistait régulièrement à des soirées films, servait à des dîners culturels, profitant de chaque occasion pour poser ses questions, mais aussi pour nous manifester sa méfiance envers « l’institution et les dogmes » et marquer l’importance de rester libre.

Au cours du dernier été passé au Portugal, une rencontre a fini de la décider à pousser la porte de l’église où le curé lui a conseillé de trouver une communauté avec laquelle elle pourrait aller jusqu’au bout de sa quête. Le visage de Marylouise lui est alors tout de suite apparu, et quelques semaines plus tard, Inès posait ses valises au Point-Cœur. Après de longs mois d’échanges intenses, de prière non moins intense, en particulière dans le chant des psaumes, elle « rendit » le Credo, en portugais, lors d’une cérémonie intime dans la chapelle du Point-Cœur. Au moment d’écouter le récit de la Pentecôte, nous pûmes constater qu’elle se vivait dans notre assemblée. Latin, allemand, anglais, afrikaans, portugais, slavon furent les langues tour à tour employées durant la célébration. Mais la langue qui avait permis à chacun d’entendre la Bonne Nouvelle du Ressuscité était bien celle de l’amour, à travers l’amitié, la beauté et la liberté, ce que j’ai pu développer dans l’homélie. « Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche toi mon Dieu », chanta Corosiamo à l’offertoire, faisant monter vers le ciel l’offrande d’une âme qui se rend à son époux. L’épouse portait une magnifique robe blanche conçue et cousue par Monika, volontaire autrichienne, styliste de la communauté et marraine de confirmation d’Inès. Le Sanctus, tiré d’une messe composée par notre chef du chœur, fit à son tour monter vers le ciel un concert de voix, celles de sa famille et de ses amis venus de l’Europe entière et des « frontières existentielles » de l’Eglise, unis dans cette liturgie si intense au-delà des convictions ou confessions de chacun. Lors de la communion, c’est le nouveau programme de vie de notre Inès qui fut chanté par la voix angélique de Laura, accompagnée de Corosiamo : les Béatitudes en slavon. Enfin, c’est vers notre Mère que nous nous sommes tournés dans un puissant Salve Regina de composition contemporaine, où le contre-chant scande successivement « ad te clamamus » et « mama » : vers toi nous crions maman !

Tous réunis pour un festin sur la place de l’église, par un soleil magnifique, l’une des assemblées les plus composites que j’ai jamais vues a prolongé ce moment de grâce jusque tard dans la soirée, chantant d’un seul cœur les merveilles de Dieu et goûtant particulièrement à l’un des fruits de l’Esprit dont l’étreinte se fit pour chacun si douce et tangible : la joie !

Père Clément Imbert, membre de la Fraternité Sacerdotale Moloka’i, en mission à Vienne

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Author: admin