Au Pérou, apostolat avec les enfants de Villa Marta

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Marion est au Point-Cœur de La Ensenada depuis l’été dernier, elle nous introduit dans ce lieu attachant, où vivent quelques quatre-vingt enfants retirés de leur famille et assoiffés d’attention et d’affection.

Estefano à la Villa Marta, Pérou

En dehors de notre vie à la Ensenada, nous avons un apostolat à l’Hogar de Villa Marta tous les quinze jours, situé à côté de la maison des sœurs à Guayabo. Le temps d’une après-­midi nous visitons et nous jouons avec les enfants du foyer. Chaque fois que je rentre dans la crèche, en voyant les petits gambader tout juste réveillés de leur sieste, je me réjouis d’être là et de les revoir. Ils ont entre un et quatre ans, et à cet âge-­là, ils ne nous reconnaissent pas toujours. Après un petit temps d’apprivoisement, nous commençons à jouer avec eux. Dans la zone des tous petits, il n’y a qu’une ou deux personnes qui s’occupent d’une quinzaine d’enfants 24h/24, du lundi au vendredi. La plupart des enfants rentrent chez eux le weekend. Avec toutes les tâches de lessive, rangement, change, bain, etc. que cela implique, elles n’ont que peu de temps pour jouer avec eux. Pour moi, c’est un temps gratuit et simple, qui me fait retourner en enfance. Qu’ils sont beaux ces enfants ! Il n’est pas difficile de les prendre dans les bras, de leur faire un câlin quand ils pleurent, ou de les faire rire en leur faisant faire des pirouettes. Un jour en sortant, en passant à côté de l’aire de jeux où les plus grands sont en train de jouer, une petite fille m’interpelle. Elle était trop petite pour attraper les barres où les autres s’amusaient à se suspendre. Je l’aide à se hisser, et la porte pour qu’elle puisse attraper les barres une à une. Avant d’arriver au bout, elle se laisse tomber dans mes bras. Accrochée à mon cou, elle ne me lâche plus. Elle reste là, silencieuse et immobile, pendant quelques secondes ou plus. D’abord surprise, je me retrouve aussi immobile, gardant cette petite fille contre moi, attendant qu’elle bouge pour la reposer à terre. J’accueille simplement un instant ce petit ange qui demande un geste de tendresse. D’autres enfants s’approchent ensuite en réclamant leur tour. Mais il est l’heure de partir. Un petit garçon s’approche de moi, le visage triste et les yeux brillants. En m’abaissant, je l’entends murmurer à demi-­mot : « Mamá, Mamá… » (Maman). Cette petite voix me fend le cœur. Ce petit bonhomme venait-il d’arriver dans le foyer ? Mais quel enfant peut-­il réellement s’habituer à vivre loin de sa mère ? Les quatre-­vingt enfants de Villa Marta sont séparés de leur famille parfois pour des raisons de violence, de grande précarité, ou autre. Nous ne le savons pas très bien. Loin de leurs parents, et d’une vie de famille normale, ils sont tous en demande d’attention et d’affection. C’est le peu que nous avons à leur offrir le temps de cet après-­midi d’apostolat, au travers du jeu et d’une simple présence. Parfois cela me semble si peu. Et je repars bien souvent en ayant reçu beaucoup plus d’affection de ces enfants, et j’ai peut-­être pu leur en donner.

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Author: Claire Lefranc