Apostolat dans un foyer de personnes handicapées à Cuba

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Les volontaires du Point-Cœur de Cuba visitent chaque semaine un foyer pour personnes handicapées. Aleksandra, volontaire polonaise en mission depuis plus d’un an, voit les fruits de ces visites avec le temps. Elle raconte : 

Aleksandra et Ariel

J’étais à Cuba depuis une semaine, je ne parlais pas encore espagnol, quand Kasia m’a emmenée dans ce foyer en me disant de ne pas m’inquiéter si je ne comprenais pas ce que disaient les personnes. Après plus de deux ans et demi, elle non plus ne comprenait rien ! Nous sommes arrivées dans un patio avec quelques arbres, entouré d’un bâtiment à deux étages. Je pouvais voir une trentaine de personnes mais par les portes ouvertes, j’apercevais de grandes salles pleines de lits. 

Nous nous sommes approchées de deux personnes en fauteuil roulant. Kasia me les a présentées et m’a introduite auprès d’elles. Elle avait raison, je ne comprenais pas grand chose mais nous avons passé et petit moment à discuter avec trois ou quatre personnes. Il était difficile de leur donner un âge ou même de deviner la profondeur de leur handicap. 

Ensuite Kasia m’a dit : « Maintenant, je vais te présenter Angelo, il ne parle pas mais il aime beaucoup nous embrasser, ne sois pas surprise ! » Quand je me suis retournée pour voir de qui elle me parlait, j’ai vu deux bras extraordinairement longs, tendus et prêts à m’embrasser. Et juste derrière cette paire de bras, on voyait l’énorme sourire d’un jeune homme apparemment en bonne santé. Il m’a embrassée puis sans dire un mot, il m’a lâchée et a tourné la tête en cachant son visage derrière sa main. 

Ainsi a commencé l’une des plus belles ou du moins la plus surprenante amitié de toute ma mission à la Havane. Ariel, comme nous avons ensuite su qu’il s’appelait, a touché mon cœur dés cette première rencontre et notre amitié n’a cessé de grandir petit à petit. 

Bien que je sache qu’il ne parle pas, j’étais convaincue qu’il comprenait au moins quelques choses de ce qui l’entourait. J’ai beaucoup entendu dire que des personnes handicapées qui ne peuvent pas parler, peuvent sentir les émotions de la voix, un peu comme les enfants avant leur naissance. J’ai alors décidé d’aller voir Ariel chaque semaine, tout en continuant à l’appeler Angelo ! Je lui disais bonjour, je lui demandais comment il allait, je lui disais que nous tenions à lui, je lui racontais quelques histoires banales… 

Les mois ont passé, je continuais à lui parler et lui à m’embrasser et rien de plus. Au début, il disait simplement « bien » quand nous lui demandions comment il allait et il répondait « oui » à certaines questions. Aujourd’hui, il connaît nos noms, il nous appelle tout de suite quand il voit l’une de nous, il demande des nouvelles des autres, il réclame qu’elles viennent le voir dés que possible. Quand nous sommes allées le voir le 25 décembre, au lieu de « Salut ! » ou « Bonjour ! », j’ai entendu « Joyeux Noël Alexandra ! ». Je crois que je ne me suis jamais autant réjouie d’un « Joyeux Noël », et je ne savais pas ce que pouvaient signifier des choses aussi simples. 

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Author: admin