Les 25 ans du Point-Cœur de Bangkok célébrés par la Providence !

Categories: Thaïlande

Natalia, paa Chiaw et Nhi

Natalia, paa Chiaw et Nhi

Notre Point-Cœur de Bangkok a eu 25 ans le 11 Novembre 2016. 25 ans, ce n’est pas rien !

Nous voulions marquer cette fête de manière particulière, mais ayant déjà fêté les 25 ans de l’œuvre Points-­Cœur l’année dernière, nous voulions quelque chose de différent. Il nous semblait que nous avions beaucoup à remercier spécialement nos amis d’ici, et nous avons pensé offrir une journée au bord de la mer à ceux de notre quartier, qui ne sortent jamais d’ici. Nous voulions que la beauté soit au centre, beauté que nous savons être consolante, sans trop savoir comment faire cela. Cela nous a enthousiasmé tout de suite toutes les quatre, mais restait à savoir que faire ! C’est là que nous avons été profondément touchées par la Providence divine, qui se charge de tout, d’une manière très concrète. Nous avons exprimé ce souhait à une amie, mère supérieure d’un cou-­‐ vent en Thaïlande. Celle-­ci, bien que débordée de travail, en a parlé à ses religieuses. L’une d’entre elles a proposé de nous laisser la maison de vacances de sa famille, au bord de la mer, au sud-­ouest de Bangkok. Le lieu se montrera idyllique, pas du tout touristique, avec une plage et la mer, qui nous ont semblé « réservées » pour nous. Sa sœur, habitant la région a proposé de venir exprès pour cuisiner (thaï !) pour tout le monde. Puis, deux prêtres amis ont proposé leurs voitures, et de conduire pour nous amener là-­bas. L’un des catéchistes, thaï, travaillant pour eux, a proposé de se joindre à nous pour s’occuper des chants et de l’animation. Des amis de passage ont laissé une donation couvrant exactement les frais de snacks et friandises pour le trajet. Et même dans nos invitations à nos amis, nous avons pu voir La Providence ! N’ayant que 32 places de libre, nous pensions « choisir » ceux que nous invitions pour ne pas créer de jalousies et éviter les déceptions de dernière minute… Mais, au final, nous nous sommes retrouvées à demander à quasiment tout le monde, en espérant très fort qu’au final, cela irait. Et nos pauvres critères de sélection ont volé en éclats, puisque ceux qui se joignent à nous étaient vraiment « les plus pauvres » mais pas toujours dans le sens que nous en avions décidé…
Je vous donne un exemple : un jour dans la rue, Anne-­Laure et moi essayons de réfléchir qui nous devons inviter pour cette sortie. Nous faisons une petite prière à l’Esprit Saint, et entendons nous saluer deux garçons d’une famille que nous visitons souvent. Anne-­Laure me dit : « Il faut que nous les invitions ! » Dans mon pragmatisme habituel, je lui réponds : « Ok, mais demandons d’abord à chacune dans la communauté si cela leur va. » Finalement, après discussion, nous décidons de ne pas le faire, car ces deux garçons sont particulièrement difficiles, et nous décidons de les inviter « à part » pour une autre sortie pour Noël. Sauf que le jour J, Natalia et Nhi vont chercher une de nos amies, qui a besoin d’une chaise roulante pour se déplacer. Et qui trouvent-­‐elles devant sa porte en train d’attendre avec elle (à 6h du matin) : les deux garçons, tout prêts !! Nous en avons beaucoup ri, nous demandant pourquoi aller demander à nos amis quand l’Esprit Saint se charge de les inviter sans notre aide !
Le miracle est que Bim et Paj ont été littéralement subjugués par cette journée, et, je crois, se sont sentis profondément aimés. Eux qui d’habitude ont une idée de bêtise par minute, se sont montrés les enfants les plus sages et attentifs dont on puisse rêver ! La mer a été ce qui leur a plu le plus. Il fallait voir Bim (qui reçoit plus souvent des coups que des signes d’affection à la maison) occupé à « se battre » avec la mer, qui lui répondait avec le sérieux inépuisable des vagues venant s’écraser sur le sable, sa joie pour que les larmes vous viennent aux yeux. Pendant la sortie, après un petit mot fort simple où je remerciais nos amis d’exister et de nous donner leur amitié, il est venu se jeter dans mes bras et y rester un long moment, avec une tendresse que je ne lui avais encore jamais vue. Cette tendresse est ce qui m’a le plus frappée pendant cette journée, tendresse dont on ne peut douter qu’elle vient de la Mère de tous ces petits et ces pauvres (nous y compris). Nous avons vraiment senti un effet que nous appelons « après-­Rayong » (Rayong étant la ville où nous avons fait la sortie), une espèce de joie, de douceur, de reconnaissance, d’émerveillement, qui nous ont gagnées au moins autant qu’eux!

Un autre qui a été bouleversé par cette sortie est lung Sunang. Lung est un vieil homme, qui vit avec sa famille dans une rue toute proche de la nôtre. « Il vit avec », parce que la proximité se limite à une proximité physique, la famille l’ignorant autant que faire se peut. Son passé y joue certainement, mais il a fait preuve d’une simplicité étonnante à confesser sa misère dès nos premières visites. Il a été littéralement « choqué » quand nous l’avons invité pour la sortie. Craignant d’avoir offensé quelque code de culture thaï (cela continue de nous arriver bien souvent…), nous essayions d’expliquer laborieusement le pourquoi du comment de cette sortie. Mais le choc venait du fait que nous avions pensé à lui ! Il ne pouvait pas croire que nous nous soyons rappelées de lui, que nous l’ayons invité, que nous désirions sa présence avec nous. Il avait pendant cette journée un regard d’enfant, étonné, tout le temps étonné, comme si cela ne pouvait être qu’un rêve. Depuis cette sortie, il passe régulièrement chez nous, ayant acheté des fruits, ou des gâteux thaïs, pour nous dire bonjour, vérifier que nous allons bien, et que nous l’aimons toujours.

Une autre amie qui nous a beaucoup touchées pendant cette journée est paa Chiaw. Paa Chiaw est une femme très simple, avec une vie dure, dont le cœur d’enfant nous a laissées admiratives. Elle a un handicap qui fait qu’elle ne peut pas bien marcher ou très peu. Nous pensions donc qu’elle risquait de s’ennuyer à la mer, ne pouvant pas se baigner. Mais, dès qu’elle a vu la mer, elle est entrée dans l’eau, se débrouillant pour nager comme elle pouvait, avec un parfait naturel. Elle était celle du groupe, la personne qui était la plus « pauvre » pour cela mais cela ne lui a posé aucun problème !

Marianne, membre permanent de Points-Cœur en mission à Bangkok

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Author: Claire Lefranc